Click to listen highlighted text!

Pourquoi certains adoptés se croient fous ? (mais ne le sont pas)

adopté mal-être

À tous les adopté(e)s qui se sentent, ou se sont sentis, fous au cours de leur vie, il y a une raison et je la développe dans cet article !

 

Pourquoi certains adoptés se croient fous ? (mais qu’ils ne le sont pas)

 

Avant de lire : Cet article est tiré de paroles d’adoptés, et de leurs proches, que j’ai pu rencontrer. Il est aussi inspiré de mon ressenti en tant que tel. Il concerne alors une partie des adoptés et non la totalité. Donc, prenez du recul et gardez ce qui vous parle une fois de plus 😉

 

Introduction :

 

Les adoptés qui me contactent ne savent plus généralement où ils en sont. Ils sont en situation de détresse, pris dans des pensées qui s’affrontent sur le terrain de raisonnements sans fin. Bref, ils sont perdus.

Pour un être humain, il y a de quoi devenir fou, puisque la plupart des gens n’ont pas l’habitude de réfléchir autant et de voir la vie comme une lutte, à chaque seconde, ou sur la moindre décision (même la plus anodine) à prendre.

Moi-même, j’ai souvent cru être fou. Les adoptés en souffrance sont souvent diagnostiqués “Border-line” ou “Schizoïde” dans le monde de la Psychiatrie et sont traités comme tel.

Cela n’aide pas toujours et peut paraître fou pour un professionnel qui ne vit pas la problématique lui-même, ce qui peut limiter l’empathie envers la situation. En gros, vous n’êtes pas en face du “bon” interlocuteur.

Pour moi, il n’y a pas de fumée sans feu. En tant qu’adopté ayant vécu et travaillé sur la problématique, je vous explique le pourquoi et le comment s’en remettre !

 

Des émotions lointaines qui refont surface :

enfant adopté

La plupart des émotions ressenties durant le traumatisme de la séparation sont parties en mémoire implicite. Elles ne sont donc plus conscientes. Le système limbique (émotionnel) étant plus mature que le néo-cortex (logique) avant les 3 ans fait que c’est ce premier qui va mémoriser les événements du plus jeune âge.

Il peut vous arriver de vous retrouver face à une situation plutôt anodine, qui n’est pas censée être “traumatisante”, et de vous sentir mal ou pas à l’aise.

Cela signifie que des émotions du passé se manifestent, mais que comme vous ne savez pas pourquoi et que comme vous ne savez pas d’où elles viennent non plus (vu qu’on n’en a pas conscience) vous croyez qu’il y a quelque chose qui ne tourne pas rond chez vous.

De plus, elles surviennent de manière répétitive dans votre vies et la rendent difficile par rapport à celle des autres. Vous vous jugez alors comme “fous”.

Il peut même arriver que vous ayez besoin, plus que jamais, d’une réponse là-dessus. Une réponse sur ce que vous êtes, à savoir : Si vous êtes “malades” ou pas.

Une adoptée avec qui j’étais en contact, a été hospitalisée en Hôpital psychiatrique suite à un burn-out. A force d’avoir tout garder pour elle, la coupe a débordé. Avant que son diagnostic ne tombe, elle n’avait qu’une envie : le connaître.

C’était une manière de s’appuyer sur un repère identitaire. Un repère “sûr” puisque : “établit par des professionnels.” Les psychiatres ont décidé de la garder pour trouble de la personnalité abandonnique (surprise…) et Schizoïde.

Ce diagnostic a finalement été une béquille pour elle, qui lui a permis d’entamer une recherche personnelle. Elle m’a envoyé les ouvrages qu’elle avait décidé de lire, concernant les dépendances affectives et la blessure d’abandon (un début avant d’aborder la blessure primitive), alors qu’elle a toujours dit avoir eu du mal avec la lecture. Je fus heureux de cette avancée !

Les émotions implicites ne sont pas explicables de manière consciente et c’est pour cette raison qu’elles nous perturbent.  Notre être inconscient nous pousse à ressentir ce qu’on préfère refouler consciemment. Pourquoi ?

Parce que ce n’est pas acceptable de se sentir vulnérable ou mal à tel moment ou face à telle(s) personne(s). C’est un conflit qui se reproduit souvent et qui nous met face à nos émotions profondes (enfant intérieur). Des parts de nous qui demandent à libérer la charge émotionnelle et nos croyances limitantes empêchent cette libération.

Pour savoir comment changer vos croyances limitantes, vous avez le choix entre cette formation (cliquez ici) ou d’échanger là-dessus en séance (cliquez ici).

Mais souvenons-nous que la façon dont notre être inconscient réagit est une réaction est normale vis à vis d’une situation anormale (la blessure d’adoption).

 

Le sentiment d’être “seul(e)” dans la famille :

 

Génétiquement (et parfois physiquement), il y a des choses que l’on ne peut pas ignorer, à moins que ce soit volontaire. Nous sommes différents des membres de notre famille adoptive, et nous le sentons.

adopté solitude

  • Le manque du reflet génétique :

 

Vous pouvez consulter l’article entier sur le reflet génétique dans une autre fenêtre en cliquant ici.

 

Qu’est-ce que c’est ?

Il s’agit des caractéristiques physiques et émotionnelles que nous partageons avec les membres de notre famille biologique. Autrement dit, des choses que nous ne pouvons trouver dans notre famille adoptive.

Très jeune, l’enfant adopté a besoin de s’harmoniser avec sa mère pour se sentir apaisé. Hélas, face à la mère adoptive, il a du mal à le faire. Il va donc tenter de “s’adapter” prématurément afin de s’accorder aux autres.

Je rappelle cependant que cela n’est pas systématique et que certain(e)s adopté(e)s arrivent à établir une connexion avec leur famille adoptive par d’autres moyens.

 

Qu’est-ce que ça fait de le manquer ?

À terme et répété à chaque relation, ce comportement de vouloir à tout prix “s’adapter” deviendra une habitude tenace. On peut imaginer que l’apaisement n’arrivera que lorsque nous aurons le sentiment d’avoir réussi à nous adapter totalement aux autres, même à l’âge adulte.

Ce premier point peut être déjà perturbant quand on rencontre des gens qui n’ont pas le besoin de s’adapter aux autres, ou qui ont même des problèmes à cause de ça. Alors que nous, nous maîtrisons cet art à la quasi-perfection, mais que nous avons l’impression de ne jamais être assez adapté au final

 

  • Pas les mêmes centres d’intérêts :

 

Parfois nous ne partageons pas les mêmes centres d’intérêts avec notre propre famille (adoptive). C’est assez courant, même dans les familles biologiques. Mais la différence va être plus marquée chez les adoptés, puisqu’ils n’ont pas connu de reflet génétique avec leurs parents, frères ou sœurs…

C’est encore un “fossé” de plus à gérer, le sentiment d’être encore à l’écart, de ne pas aimer les mêmes choses que les autres, d’être différent.

Surtout quand certains parents projetaient d’avoir un enfant sportif et que ce dernier est attiré par l’artistique ou inversement. Se pose alors la question : “Qui suis-je ?” et “Qui suis-je sensé être ? (par rapport aux autres)”

 

Se sentir déconnecté > “désincarné(e)” :

 

A force d’être confronté à la différence avec l’autre, on se pose des questions : “Quel est le problème avec moi ? Pourquoi je ne suis pas comme les autres ?

désincarné

Surtout quand on se sent différent de sa propre famille (adoptive)… Nous sommes alors dans un raisonnement permanent, auquel on s’habitue. Ceci devient un automatisme de s’adapter à l’autre, de faire attention à ce que l’on dit, à ce que l’on fait, à être attentif au moindre changement, d’anticiper. Ceci peut être tellement fatigant à la longue, qu’on se sent déconnecté de ce qui se passe réellement.

Une adoptée m’a raconté qu’elle décrochait rapidement de toutes les conversations qu’elle avait avec son entourage, quel qu’il soit. Malgré sa volonté “d’être dans” la conversation.

A ce moment là, nous observons le monde qu’à partir de notre point de vue, perdant toute objectivité de ce qu’il se passe. Certains commencent à paniquer se demandant de quoi ils ont l’air par rapport aux autres. C’est l’ego qui prend le dessus.

 

  • Le manque d’ancrage et de repères “sûrs”

 

La plupart des gens de notre entourage, étant issu de familles biologiques, ne ressentent pas le besoin de s’investir sur des choses qui semblent “acquises”. Ils connaissent leurs repères biologiques, ce qui a généralement pour effet de les ancrer plus facilement à la terre.

En tant qu’adopté, nous sommes effectivement déraciné, sans repère. Nous avons le sentiment d’être “en orbite”, raccroché à rien de concret. Cette perceptive peut avoir en effet de quoi rendre “fou”.

 

Pourquoi nous ne voulons donc pas nous ancrer ?

Parce que c’est se rapprocher de cette blessure primitive que nous avons ressenti et c’est inconsciemment que ça travaille !

Le rapport au monde a été tellement douloureux, à cause de la séparation à la mère biologique aux débuts de notre vie, que nous nous éloignons de ce qui nous ramène à ce qui peut nous ancrer.

adopté isolement

Nous nous “perchons”, tout en cherchant les réponses dans le domaine imaginaire et théorique.

La majorité des adoptés que j’ai pu rencontré étaient des Hauts-Potentiels (surdoué). Ils faisaient preuves d’une connaissance surprenantes sur eux-mêmes et du monde dans lequel ils vivaient !

Ils avaient d’énormes capacités, mais aussi une trouille refoulée proportionnelle dés qu’on leur parlait de mettre en pratique les théories qu’ils avaient accumulé.

Nous avons tellement été : sur la réflexion humaine, à surmonter nos difficultés personnelles, à réfléchir à outrance… que nous avons perdu le contact avec des choses simples : la spontanéité par exemple.

Au sein de la famille, il arrive que nos ressentis ne sont pas compris parce que pas partagés… Et ce n’est la faute de personne. C’est la conséquence de la situation d’abandon au début de notre vie. L’impression d’avoir un problème en vivant un tel fossé, est tout à fait humain.

N’importe qui se sentirait inadapté à la société ou “fou”, alors que de nombreuses personnes (même non-adoptées) partagent ce sentiment, mais n’en parlent que très peu, croyant qu’elles sont seules à vivre ce qu’elles vivent.

 

Votre personnalité n’est pas votre comportement :

 

Vis à vis de ces différences ressenties plus haut, certains vont se complaire dans l’idée qu’ils sont ce qu’ils font et finiront pas se victimiser eux-mêmes :

“Je suis seul.”, “Personne ne peut rien pour moi de toute façon !”, “Je n’ai aucune valeur !”, “Je suis rejeté / inassimilables / mal-aimés / maudit” ou au contraire “supérieurs aux autres” (mais ne s’aimant pas) etc…

 

  • Le perfectionnisme :

Vous avez tellement peur de mal faire les choses que vous ne faites rien ou que vous le faites mal. Ce n’est jamais aussi bien que vous ne l’espérez en tout cas.

Parce que ne pas être parfait pour vous c’est quoi ?

La réponse que j’ai le plus souvent est : ne pas être “acceptable”, et parfois même : ne pas être digne à la vie.

Quelle dureté !

Puis en quoi ça aide à créer des actions constructive pour soi ce genre de croyance ?

 

Elles vous menent à des comportements à risques :

Expérimentations de drogues, dépendances affectives, besoin accru de sexe, se tuer au travail, couper les ponts avec ses relations au moindre désaccord, devenir rapidement agressif, se sentir souvent menacé, etc…

adopté colère

Tous ces comportements sont évidemment des moyens de se défendre contre ce qui rappelle le trauma passé pour ne pas avoir à y faire face.

Et devinez quoi ?

En agissant comme ça, vous finissez par y faire face quand même.

Pour ce qui est des drogues ou autres addictions, c’est une façon de se “percher” et de combler notre difficulté à s’ancrer dans le monde.

Une fois l’un de ces besoins satisfait, elle revient aussitôt qu’elle avait disparu. Tomber dans ce cercle vicieux devient la solution de facilité, mais ne sert pas celui qui s’y complaît à terme. Puisqu’un vide est toujours présent et a besoin d’une ressource extérieure pour le combler…

“Acceptez votre humanité, votre vulnérabilité face au monde. Quoi que vous fassiez, vous ne ferez pas l’économie de voir la personne que vous êtes dans la glace tous les matins.”

Franck Lopvet

Si vous n’êtes pas fou, que faire ?

 

  • Reprenez le contrôle !

 

Ce n’est pas être fou que de réagir à un traumatisme dont on ne se souvient pas consciemment, mais qui par ses preuves scientifiques (neurologie, psychologie du développement, pré-natale…) montre qu’il est réel et a un encore un impact.

Comme le disait Nancy Newton Verrier (voir son interview ici) que je reformule “en gros” : Suite à un événement anormal, comme la rupture du lien entre une mère et son enfant, un viol ou accident, réactions émotionnelles anormales. C’est donc normal.

Mais les sentiments ne peuvent pas toujours excuser le comportement…

Les émotions inconscientes ne se contrôlent pas mais les actes faits en conséquences peuvent l’être. Vous avez largement les connaissances pour être conscient que vous devez vous responsabiliser à ce niveau là.

Notre comportement est une façon d’interagir avec les autres. Il a donc un effet sur leurs émotions à eux aussi.

 

Si vous vous laissez déborder par vos émotions intérieures, vous vous retrouverez dans une phase du genre :

“C’était plus fort que moi !”, “J’étais dépassé par les événements…”.

Et vous savez qu’après ce genre de réflexion vous n’avez pas eu le meilleur comportement que vous auriez souhaité avoir : Un comportement qui ne représentait pas votre personnalité.

 

Attention, excuse bidon :

Souvent, l’excuse “Je suis comme ça !” est utilisée pour se déresponsabiliser entièrement de ce qu’on ne contrôle pas chez nous. Elle ne sert que très rarement celui qui l’utilise au passage… puisqu’elle répète les mêmes actions et se remet dans les mêmes situations dont elle se plaint.

 

  • Non, vous n’êtes pas “comme ça”, vous êtes bien plus !

 

Vous n’êtes pas : “inadaptés, mal-aimés, plus supérieurs, ou moins méritant qu’un autre”. D’ailleurs méfions-nous de l’aspect duel de notre société qui ne voit que des “gagnants” ou des “perdants”. C’est un aspect très dangereux qui coûte à l’estime de soi de nombreuses personnes, responsable de burn-out et de dépressions…

Être “comme ça” c’est laisser une société malade avoir raison sur vous. Or vous n’êtes pas la société. La société vous apporte un cadre, mais la base qui fait vivre cette société, c’est nous.

L’important est de choisir vos valeurs par rapport à ce qui vous rend plus apaisés et d’agir en fonction. Être la personne aimante et aimable que vous souhaitez être pour vous-mêmes. Il s’agit de reconnecter avec ce qu’il y a de meilleur en vous.

Vos émotions (les plus fortes) ne représentent pas ce que vous êtes aujourd’hui mais ce que vous étiez face à vos expériences d’hier.

 

  • Vous réfléchissez déjà trop, agissez !

adopté travail

Réfléchir, c’est bien. Mais si vous n’agissez jamais, ça ne sert à rien.

Un homme qui n’a lu qu’un livre en mettant en pratique tous ses conseils ira plus loin qu’un homme qui a une bibliothèque d’une centaine de livres mais n’en aura appliqué aucun.

Je vous en ai parlé dans mon article où je démontre que la confiance en soi n’est pas réservée qu’à ceux qui lisent des livres (disponible ici).

 

  • Au diable la perfection !

 

Comme on l’a vu plus haut, le sentiment de ne pas être acceptable ou digne est une croyance. Parce que pas acceptable pour qui ? Et pas digne par rapport à quoi ?

Vous trouvez des gens dans votre entourage, proches ou connaissances, qui aiment ce que vous êtes ou faites dans certaines situations. Vous apportez votre pierre à l’humanité comme chacun.

Acceptez votre humanité !

Ceci implique d’accepter votre position “d’élève” face à la vie (vous ferez donc des erreurs, c’est comme ça pour tous). Parce que vous êtes peut-être plus malin par rapport à la plupart des gens qui ont besoin de plus réfléchir mais en ce qui concerne le rapport à la terre (au monde extérieur), vous pouvez apprendre d’eux.

Donc, ne vous mettez pas à l’écart, vous avez des connaissances communes à partager, c’est humain. Les uns sont plus doués dans la mise en pratique, les autres dans la théorie. Échangez donc !

 

Quelques exemples pour vous connecter un peu plus aux autres et au monde (en douceur) :

Vous pouvez sourire aux gens (qu’importe qu’ils nous le rendent ou non c’est toujours agréable), donnez de votre temps dans une association (dont la cause nous parle), partagez les petites choses qui vous ont rendu heureux dans la journée (plutôt que vos problèmes), faire le sport que vous aimez le plus (même si c’est un sport de vieux !) etc…

A vous de choisir votre façon de fonctionner, par ce que vous aimez faire !

“Vous êtes ce que vous aimez faire.”

Auteur inconnu

Acceptez cette partie lumineuse de vous-même, cette “partie enfant”.

Enfant adopté

Toutes ces choses dont je vous parle, je les ai vécu moi-même en tant qu’adopté. Aujourd’hui, j’ai compris que m’ancrer à la terre était ce qui allait m’aligner dans mes actions et m’aider à changer ma vie.

Article sur l’ancrage à la terre disponible prochainement dans la rubrique Confiance en Soi.

 

Conclusion :

 

Vous n’êtes pas fou. Brisé peut-être. Mais quelque part, qui ne l’est pas ? Et en avoir conscience, c’est pouvoir construire autre chose.

Prenez donc conscience que vous n’êtes pas fous mais que vous réfléchissez beaucoup parce que vous avez peur d’agir.

 

Maintenant que vous le savez, vous avez conscience que le prochain combat à mener sera de mettre en pratique une des connaissances que vous savez bonnes pour vous !

 

Choisissez-en une seule, et commencez à la mettre en place telle qu’elle doit l’être pour apporter ses résultats. Ne pensez pas au temps qu’il vous faudra, ni aux autres connaissances, appliquez déjà celle-ci sur une durée bien déterminée par vous, et ainsi vous pourrez en faire VOTRE propre bilan.

 

Vous voulez que je vous aide à tenir vos prochaines actions sur la durée ? Contactez-moi lors d’un des accompagnements suivants :

Entretien téléphonique – Séance en ligne – Accompagnement mail – Ebooks indispensables

 

1 commentaire

Laisser un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :
Click to listen highlighted text!