L’univers psychiatrique chez les adoptés (vous n’êtes pas fous !)

hôpital clinique

Cet article fait suite à celui de Pourquoi certains adoptés se croient fous ? (mais ne le sont pas) Part. 1… et même s’il permet de comprendre de nombreuses choses au sujet de la blessure primitive, je remarque que mon style d’écriture a bien changé… Je tiens à développer un point complémentaire pour mieux comprendre cette idée de “perdre pied” ou de “folie” dans le cadre d’une blessure d’abandon forte en tant qu’adopté. Celui de l’univers psychiatrique.

Je tiens à préciser que ce qui va suivre est un retour de mon expérience personnelle, ainsi que celles des clients que j’ai pu avoir en consultation.


Avant de commencer, je rappelle une chose importante :

N’abandonnez pas un avis médical pour une thérapie alternative. Un double accompagnement (médical et alternatif) est le plus sûr et le plus complet pour soi.


Maintenant que c’est dit, on peut commencer !

Le danger de l’interprétation des diagnostics  psychiatriques :

diagnostique psychiatrique

Vous faites peut-être partie des personnes adoptées qui cherchent à mettre un mot sur leur mal-être. Ce qui va suivre n’est pas propre qu’aux adoptés d’ailleurs, c’est juste humain.

Vous avez peut-être eu des comportements à risques pour votre entourage ou pour vous-même : consommation excessive de drogue (douce comme dure), violence physique envers vos proches, tentative(s) de suicide, etc…

Au bout d’un moment, vous avez été amené à côtoyer l’univers psychiatrique.

Vous vous êtes peut-être dit que vous auriez la réponse à votre mal-être et que les professionnels de santé trouveraient un moyen de vous en guérir. C’est humain…

Le fait que vous soyez adopté n’est pas vraiment pris en compte par le psychiatre cependant. Vous racontez quand même ce qu’il se passe dans votre vie… dans votre tête.

Le diagnostic tombe après examen psychiatrique :

  • Vous avez des troubles de la personnalité Schizoïdes.
  • Vous êtes “border-line”.

Je vous donne l’impression d’imaginer un scénario… sauf qu’il est bien réel.

C’est celui que plusieurs adoptés ayant fréquenté les instituts psychiatriques m’ont décrit.

Remarque :

Je précise que ce n’est pas parce que les psychiatres ou infirmières “font mal leur boulot”. En réalité, ils font avec ce que leur ont appris leurs programmes de formations… et tous n’intègrent pas forcément la notion d’adoption avec la blessure primitive (au vu des priorités concernant les avancées scientifiques en France). Il en sort alors des diagnostics ‘connus’ qui se rapprochent le plus des comportements apparents.

Les deux ouvrages de Nancy Newton Verrier sont une bonne base (psychologique et scientifique) pour commencer à comprendre comment la blessure primitive peut affecter notre personnalité à long terme. Les voici :

L’enfant adopté – Comprendre la blessure primitive

Renouer avec soi – L’adopté devenu adulte

Que faire de ces diagnostiques ?

diagnostique psychiatrique

La plupart des adoptés que j’ai rencontrés et qui ont été diagnostiqués, par les appellations vues plus haut, ne savaient pas vraiment quoi en faire…

Cela ne changeait rien à leur vie.

Pour les autres… le diagnostic justifiait leurs comportements récurrents. Un peu comme une excuse pour ne pas entamer d’actions favorisant leur bien-être.

Ce genre de fameuse phrase tombe alors : “Oui mais tu sais… si je suis comme ça c’est parce que je suis “malade” (donc je ne peux pas agir autrement).”

Dans certains cas, une maladie mentale à un niveau physiologique est peu discutable. Je peux comprendre alors que c’est plus une question de “capacité” que de “volonté”.

Dans le cas d’un “désordre” psycho-émotionnel ou d’une quête de sens… il n’y a pas de “condamnation” selon moi.

Ces termes psychiatriques encouragent, à mon sens, à se comporter comme des “malades”.

Il y a comme une déresponsabilisation émotionnelle chez le “patient”.

Certains vont donc s’en remettre aux médicaments qu’on leur a prescrits… puis y rester quelques temps (des semaines, mois ou années).

De plus, comme le milieu français de la santé est encore frileux aux thérapies alternatives qui favorisent la responsabilité émotionnelle de chacun… il est difficile de justifier leur entrée dans des instituts psychiatriques afin d’en reconnaître les bénéfices.

La méditation commence, tout comme l’hypnose, à trouver grâce aux yeux du milieu médical progressivement.

Ah… je prends sûrement un risque en écrivant mon avis ainsi mais pas de panique ! Le milieu psychiatrique n’a pas que des inconvénients. Voyons ça…

Les avantages de la “période psychiatrique” :

Oui, il y a des avantages… et pas des moindres pour les personnes fragilisées émotionnellement.

1) Encadrement pour les comportements à risques

prendre soin de soi

Si vous êtes adopté et que vous faites des tentatives de suicide à répétition, c’est la plupart du temps un appel au secours : perte de sens, sentiment d’injustice profonde, victimisation, auto-sabotage… les motivations à vous auto-détruire peuvent être nombreuses.

Cependant, si vous ne laissez pas de chance à votre vie de continuer cette expérience terrestre, vous ne saurez jamais ce qui vous attendait de meilleur dans votre avenir.

Certes, nous sommes humains et nous expérimentons la souffrance… mais la vie n’est pas que ça et vous le savez.

Si vous en êtes conscient au fond de vous… mais que vous ne vous sentez pas la force de vous préserver physiquement, alors le cadre clinique ou psychiatrique est une solution pour vous y aider… le temps de retrouver vos forces.

2) Période de pause

solitude

Certaines personnes sont perdues et n’arrivent plus à s’adapter à la société dans laquelle ils vivent. Ils ne s’y reconnaissent pas et n’en comprennent pas les codes. Il y a une perte de sens sur notre place dans le monde extérieur.

Une incapacité à se responsabiliser grandit : situation professionnelle instable (voire aucune) de longue durée s’installe, l’administratif est complètement laissé de côté, les problèmes financiers surviennent… jusqu’à ce qu’il y ait un événement fort qui justifie l’entrée dans l’univers clinique ou psychiatrique.

C’est alors une période en dehors du monde extérieur qui se présente. Une opportunité de se reposer… loin des contraintes sociétales et des responsabilités demandées habituellement.

Vous avez donc plus d’espace intérieur pour vous-même.

C’est l’occasion de faire une introspection pour, plus tard, “mieux revenir”.

3) Expérience d’apprentissage

remise en question

Entrer dans l’univers psychiatrique n’est pas quelque chose dont on se vante généralement. Même s’il n’y aucune honte, un sentiment d’avoir raté quelque chose à un moment de notre vie est bien présent.

Cette expérience ne laisse donc pas indifférent. Elle fait réfléchir et ouvre une perspective nouvelle parfois… pour ceux qui sont prêts à la voir.

Certains adoptés ont compris qu’ils ne voulaient plus se mettre dans de tels états et fréquenter le milieu psychiatrique… d’autres pensent encore qu’ils ne méritent pas mieux et y reviennent.

Là encore… il n’y a pas de jugement. Chacun son rythme.

Conclusion

Me concernant, je n’ai pas côtoyé l’univers psychiatrique. Je me suis cependant demandé à de nombreuses reprises si je ne m’y sentirais pas mieux… à un moment de ma vie où je ne trouvais plus ma place dans le monde.

Progressivement, j’ai fait le travail personnel que j’avais à faire. Puis, j’ai rencontré des adoptés qui sont allés où je ne suis pas allé… J’ai donc été très attentif à leurs récits. J’ai également fait au mieux pour synthétiser leurs ressentis, ainsi que les miens vis-à-vis de cette expérience.

Ce en quoi je crois avant tout, c’est à l’histoire et aux ressentis que chacun me transmet. C’est sur cette base que nous travaillons avant tout… et c’est le meilleur choix jusqu’à maintenant.

Si vous voulez entamer un travail personnel ou avoir quelques réponses pouvant vous éclairer un peu plus… Vous pouvez réserver votre séance avec moi sur cette page.

Jocelyn Le Guen

Prenez soin de vous.

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