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L’adopté au travail : mes résolutions et challenges professionnels

l'adopté au travail
Photo par Thibault Michal

Suite à une séparation et à mes découvertes récentes sur les blessures de l’adoption, je me suis rendu compte que rien ne changerait si je ne changeais rien. Je resterai toujours au même point  : de cette insatisfaction au niveau de moi-même, de mes projets qui n’avancent pas, de mon isolement des autres et de cette impression que la vie est irréelle… On ne peut pas vivre ainsi car il ne se passe rien. Alors j’ai décidé de faire ce que je n’avais jamais fait niveau professionnel  : Prendre 2 temps partiels qui impliquent d’interagir avec les autres et les tenir jusqu’à la fin de l’année (vous êtes témoins).

 

L’adopté au travail : mes résolutions et challenges professionnels

 

Lutter contre mon ego  :

 

Les relations avec les autres sont difficiles pour un adopté. Et pourtant j’ai choisi de nombreux boulots où je devais y être confronté. Cela dit, je le vivais avec l’envie pressante de m’en débarrasser le plus vite possible. Dés que la journée était terminée, je plaçais un grand rideau de fer intérieur, entre moi et le travail puis fini jusqu’à la prochaine fois.

Ce rideau de fer, c’était bien mon ego (article ici) qui me disait  : «  Tu ne feras pas ça toute ta vie, hors de question  !  », «  C’est vraiment loin de ce que tu mérites, tu vaux mieux que ça  !  », «  Je vais m’emmerder encore…  ». Merci pour ces pensées de vainqueur…Ce qu’on peut constater dans ces phrases, c’est cette façon de se sentir comme sous le contrôle d’une situation. C’est de ça dont l’ego est le plus frustré. C’est un rappel d’une des blessures majeures de la séparation avec la mère de naissance. Au final, mon contrat le plus long dura 3 mois en 27 ans de vie. Arrêter mes contrats étaient une façon de reprendre le contrôle et de me déresponsabiliser de ma blessure d’adoption.

 

Dire STOP  :

 

C’est entre moi et mon ego que je dois mettre un rideau de fer. Je dois vivre pleinement ces expériences professionnelles et y voir l’occasion d’en apprendre sur moi à chaque instant. C’est ce qui me permettra d’évoluer en tant que personne, de changer vraiment.

Le changement ne se fait que dans l’effort. Et dans l’effort, il y a «  fort  ».

 

Voyage aux sources  :

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Photo par François Le Minh

Je veux retourner au Brésil, mon pays d’origine. Pour cela, il me faudra de l’argent. Je pense que ce voyage est nécessaire surtout au bout de 27 ans… Je dis chaque année qu’il faut que j’y aille un jour et devinez quoi  ! Je n’y vais pas. Alors cette fois-ci aucune excuse. Je dois réunir de quoi prendre un billet aller-retour avec les extras.

Prises de mesures  :

J’ai donc décidé de prendre 2 temps partiels. Mais pas n’importe lesquels  ; Ceux où j’avais le plus d’appréhensions  !

-Équipier à Mc Donald’s (18h)

-Baby-sitter (12h)

Pourquoi ces 2 boulots «  précaires  » me diront certains d’entre vous  ?

 

Aller à son rythme  :

 

Ça ne sert à rien de vouloir mettre la charrue avant les bœufs. L’ego, s’oriente avec le Moi rejet qui pourrait encore dire  : «  Tu vaux mieux que ça  !  ». Résultat  : On subit son boulot au lieu d’en retirer l’apprentissage de l’expérience encore une fois.

A l’heure actuelle, je ne me vois pas faire un 35h dans le même travail. Je veux être libre de lire, réfléchir sur moi, de préparer mes actions pour les mois qui suivent et de pouvoir vous écrire sur ce blog. De plus, je rappelle que c’est une phase de transition où je découvre ce que j’ignorais sur l’adoption que depuis cette année.

 

Pourquoi Mc Donald’s  ?

 

Parce que c’est la restauration. Ceux qui ont travaillé dans ce secteur sauront de quoi je parle. Les rushs (heures de pointes), le travail en équipe, la pression, la réactivité. C’est donc communiquer avec l’autre même quand la situation est tendue. Cela implique  : de ne pas prendre les remarques pour soi, de faire la distinction entre travail et camaraderie, d’être à ce qu’on fait, et de ne plus se cacher derrière son Moi adaptatif (faux Moi). Tout ce qu’il me faut  !

Je vous avoue que le tout 1er jours où les futurs employés étaient convoqués à signer leurs contrats, j’étais encore en doute, la boule au ventre. Comme une panique en moi qui me disait  : «  Mais vraiment  ?! Tu es sûr  ? Et si ça foire comme d’habitude  ? Mais tu as encore le choix, tu peux dire que c’est pas pour toi et te barrer, t’es libre  !  »

Je souris aujourd’hui en écrivant…

Ce contrat a été l’une de mes meilleures décisions  ! J’ai redécouvert une nouvelle manière de travailler. J’arrive enfin à être moi sans me juger dans un travail. De plus, je suis à la tâche présente et non dans mes discours egoïques intérieurs. Ce qui fait que, grande nouvelle, ça se passe bien avec mes collègues et mes supérieurs  ! j’écris cette article le 7 octobre, ça va faire plus d’un mois maintenant.

 

Pourquoi Baby-sitting  ?

 

S’occuper d’un enfant, c’est avoir une grosse responsabilité sur les épaules. Cet enfant n’est pas le notre, il faut s’en occuper et interagir avec lui. Un peu comme si on était un parent temporaire mais avec une distance du au statut professionnel.

L’enfant dont je m’occupe est une petite fille de 6 ans. Je suis déjà attaché à son petit caractère. Voir un enfant évoluer rappelle cette insouciance des choses que nous-même avions. L’enfant soulève parfois des questions intérieures sans le vouloir. C’est sa spontanéité, son Soi qui est au présent. Les premiers jours, je me demandais ce que j’allais bien pouvoir apprendre de cette expérience… Et au bout d’un mois, je commence à voir le changement que ce travail supplémentaire m’apporte.

C’est un savoir-être, on vit le moment présent avec l’enfant, on s’occupe et s’émerveille des plus petites choses. En tout cas c’est ce qui se passe avec celle que je garde. L’ego se tait et le Soi n’a plus qu’à vivre.

 

Conclusion  :

 

Le challenge est loin d’être terminé. Au fil du temps, il va y avoir la durée à dépasser. Tenir une année sur 2 boulots en même temps, c’est du jamais vu chez moi  ! Mais c’est ainsi que je pourrai vraiment me dépasser et provoquer un changement en ma personne. Un changement qui est dans l’action, et qui donc, me rapprochera du Soi croissance. Ce que je suis réellement.

Sur ce, je n’oublies pas de communiquer mes avancées avec vous. Ça aussi ça fait parti du challenge.

Dites-moi en commentaires si cet article vous a plu et ce que vous pensez de la démarche  !

L’adopté au travail

4 commentaires

  1. Bonjour Jocelyn, Super pour tes 2 boulots. Moi aussi je change souvent de travail. J’ai toujours eu des contrats à 35h ou temps complet. C’est du pour pouvoir vivre normalement surtout quand j’étais sur paris… Mon challenge c’est de tenir plus de 5 ans dans un endroit. Le plus c’est 4 ans dans un même travail à 35h. Dans l’entreprise où j’ai travaillé 4 ans, on était 3 adoptés à temps plein. Ça se passait bien. J’ai démissionné en partie pour un autre travail dans le but d’améliorer mes compétences professionnelles et c’est vrai que mon chef de service avait parfois des pratiques qui pourraient ressembler à du harcèlement moral. J’ai un break de 2ans1/2 dans un groupe en cdi _itinérance dans les agences. J’ai démissionné pour un poste plus stable. Depuis ça se passe plutôt bien avec des périodes plus difficiles que d’autres. Je suis perfectionniste, c’est venu petit à petit avec mes expériences professionnelles. A force de s’accrocher, j’en ai trouvé des limites: un gros épuisement professionnel. Actuellement en arrêt maladie suite à une intervention chirurgicale d’un tendon au niveau de l’epaule gauche je suis en train de travailler pour poser davantage de limites et avoir plus de confort dans ma vie. Alexei, 34 ans, adopté de corée du sud. Le dimanche 9 octobre 2016

    1. Tu t’es néanmoins dépassé un peu plus à chaque expérience. C’est ce qui fait qu’aujourd’hui tu es prêt à définir un peu plus ce que tu veux et ce que tu ne veux plus. “Poser des limites” est ce que ton corps a rappelé à ton esprit (c’est ce qu’il s’est passé pour moi aussi quand je travaillais en tant que commercial de terrain dans le passé). Tu en as désormais conscience et tu travailles dessus, c’est un grand pas ! Bon rétablissement.

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