Comment gérer l’anxiété quand on est adopté ?

L’anxiété est un sujet fréquent chez les adoptés, voire routinier. Dans cet article j’explique les causes de cette impression et comment gérer cette émotion pour soi.

Encore une fois, cet article s’adresse aux adoptés qui se reconnaissent dans la problématique de l’anxiété et se base sur des recherches en psychologie ainsi que mon expérience personnelle. J’espère qu’il vous aidera.

L’anxiété :

 

C’est une émotion désagréable, destinée à nous préparer à d’éventuels dangers.

“d’éventuels” donc imaginaires.

Sauf que, comme vous le savez, notre cerveau ne fait pas de différence entre le réel et l’imaginaire. Donc si vous imaginez un événement anxiogène à venir, vous allez devenir anxieux et votre corps va produire toutes les réactions liées à l’anxiété : muscles tendus, état d’alerte, ralentissement de la digestion, etc.

Pour diminuer cette anxiété, vous allez juger bon de réfléchir à comment gérer le problème imaginaire à venir. Le mental fait alors tout pour trouver les dizaines voire milliers de stratégies à mettre en place. Sauf que nous sommes humains et que nous serons capables de n’en traiter que 2 ou 3 à la fois. Cette prise de conscience progressive au fur et à mesure de visualiser les scénarios possibles dans notre tête génère du stress et donc plus d’anxiété.

Vous l’avez donc compris ; vous n’allez pas dans la bonne direction lorsque vous agissez ainsi.

Mais qu’est-ce qui fait que vous ne pouvez pas vous empêcher de réfléchir de la sorte ?

Vous en avez marre et je le comprends, moi-même ayant été trèèèès longtemps dans ce systématisme destructeur…

Avec le travail personnel et les années, je suis enfin en mesure de vous expliquer ce qui nous pourri la vie dans ce mécanisme et de le ralentir considérablement.

Quand est-ce que ça a commencé ?

Selon de nombreuses recherches, notre rencontre avec l’anxiété a commencée lors de la séparation avec la mère biologique.

L’enfant vit un choc et peut garder alors la marque de ce moment douloureux dans sa mémoire émotionnelle.

Trois mécanismes peuvent se mettre en place :

  • Le premier étant de veiller à ce qu’un tel choc ne se reproduise pas avec quelqu’un d’autre (les parents adoptifs en l’occurrence). Il faudra donc anticiper tout danger éventuels pouvant survenir.
  • Le deuxième étant de rester en alerte pour ne pas rater le retour de la mère biologique de laquelle on a été séparé.
  • Le troisième est un mixe des deux.

Ce traumatisme est digéré de différente manière selon les profils. Certains bébés vont être calmes, tandis que d’autres vont être très agités.

Par la suite, de nombreux événements peuvent exacerber cette empreinte émotionnelle. Anodins à première vue, mais vécues comme déchirant pour l’enfant :

Les parents partent en vacances et laisse leur enfant chez les grands-parents adoptifs, l’enfant se perd dans les rayons d’un supermarché et a peur de ne plus jamais être retrouvé par ses parents, un enfant à qui on dit une fois de trop “non” lorsqu’il demande de l’attention, etc.

Pourquoi cette anxiété ?

adopté famille

Vous l’avez deviné, cette anxiété stimule la blessure de rejet ou d’abandon qui est née lors de la séparation avec la mère d’origine.

Tout être humain la vit, seulement… un adopté qui a vécu cette séparation très tôt (à quelques mois), va y être confronté dés le début de sa vie et de manière brutale.

Ce sera la blessure primitive, “originelle” si on peut dire.

Il est donc difficile, d’une façon inconsciente, de ne pas se définir ou se construire en fonction de cette dernière.

L’émotion d’anxiété sera alors très présente puisque, par instinct de survie et pour se sentir en sécurité, chaque changement dans l’environnement ne doit avoir aucun lien avec quelconque situation de rejet ou d’abandon.

Quels comportements l’anxiété engendre et comment y remédier?

Trois comportements se distinguent par leur récurrence. Je les rencontre chez les personnes adoptés qui viennent en cabinet et les ai moi-même vécus.

Paralysie de l’analyse :

anxiété burn out

Souvent, la plupart des adoptés ont du “potentiel” : ils sont créatifs, observateurs, cultivés, perspicaces parfois même “clairvoyant”, etc.

Cependant, ils ont un mal fou à avancer dans leur vie. Il commence un projet et l’abandonne vite mais le plus souvent… ne le commence pas du tout.

L’abandon est vu comme un échec. Nous généralisons la finalité de tous nos lancements de projets en fonction de ceux qu’on a laissé tomber : Aucun n’est allé jusqu’au bout et ça fait mal d’y repenser… nous développons alors la peur de échec.

L’engouement à se relancer ne s’arrête pas pour autant. Il faudra alors réfléchir avant d’agir. Réfléchir, réfléchir et… réfléchir avant de… réfléchir encore.

Conséquence, vous savez tout sur le sujet mais vous ne vous êtes toujours pas lancé pour voir si celui-ci allait marcher.

Ceci crée un mal-être et développe une anxiété par rapport à l’avenir. Le mental se charge alors de ruminer toutes les pensées “autosaboteuses”, ce qui permet à l’émotion d’anxiété d’être permanente.

Mon conseil : écrivez. L’écriture est thérapeutique dans ces cas-là. Cependant, veillez à ne pas trop vous y morfondre. Gardez en tête que si vous êtes capable d’entamer plusieurs fois des projets et de façon “propre”, vous avez donc la capacité de rebondir à tout moment. Je vous recommande de lire l’article Guérir ses blessures grâce à l’écriture thérapeutique pour plus savoir comment vous y prendre.

Développer votre confiance et votre amour propre sera aussi le plus beau cadeau que vous pourrez vous faire. Vous pouvez y arriver seul à force de bienveillance envers vous-même. Vous pouvez également vous faire accompagner par un thérapeute pouvant vous apprendre à utiliser des outils concrets pour vous y aider.

Etat d’alerte permanent :

anxiété alerte

À force de se sentir en permanence anxieux, vous n’allez plus observer le danger mais plutôt le chercher là où il pourrait arriver. Donc, là où il n’est pas…

Il vous faudra alors scruter chaque geste, paroles de vos interlocuteurs ainsi que chaque changement environnant. Le principal mantra est “être prêt”.

On pourrait croire que vous êtes dans le moment présent alors qu’en réalité, vous construisez un passé qui a existé pour vous, dans un futur qui n’existe pas encore.

À la longue, ceci créera un sentiment de désincarnation ou “perchage” : vous ne vous sentirez plus dans le présent mais souvent ailleurs. Vous aurez du mal à suivre une conversation simple, à être à ce que vous faites, comme si la réalité ne vous intéressait pas…

Ce n’est pas être rêveur… c’est être fatigué.

Mon conseil : travaillez sur vos croyances. Une première question à vous poser serait “Quel est le risque si je ne fais pas attention à [trouver quelque chose à quoi vous avez l’habitude de faire attention] ?”. Ensuite, demandez-vous si c’est vraiment grave. Si ça l’est pour vous, il y a de forte chance que ça ne l’est pas pour quelqu’un d’autre… Mettez-vous à la place de cette personne et imaginez son état d’esprit. Vous aurez une toute autre vision du monde et une raison de vous détendre.

Si cet exercice qui relève de la PNL vous semble compliqué et que vous voulez aller plus loin, vous pouvez réserver une séance avec moi.

Complexe de perfection :

perfection burn out

Le complexe de perfection est le fait de complexer, consciemment ou inconsciemment, de ne pas être parfait et donc, de tout faire pour l’être. Ainsi toute critique positive ou négative sera prise comme une atteinte à la personne du complexé.

Notre anxiété permet de développer nos talents avec brio, certes. Puisque chaque détail est observer dans le but de bien faire les choses dans le but d’être irréprochable et donc, aimer des autres.

Si l’on est aimé, nous ne pouvons pas être rejeté ou abandonné. Une croyance tyrannique se développe : N’est digne d’être aimé que ce qui est parfait.

Ceci est particulièrement visible dans le cadre professionnel et les relations sentimentales.

Mon conseil : aimez-vous même imparfait. Vous voyez de nombreuses personnes imparfaites qui trouvent l’amour de leurs paires ou d’un partenaire. Vous en êtes donc digne vous aussi. Apprenez à être votre meilleur(e) ami(e), ainsi vous vous laisserez un peu plus tranquille et votre anxiété pourra prendre des vacances.

L’amour de soi peut se travailler seul au fil de nombreuses méditations ou activités avec vous-même. Si cela vous semble plus facile à dire qu’à faire, vous pouvez vous faire accompagner par un professionnel qui vous guidera dans ce travail.

Ma conclusion et mon conseil :

Il y aurait encore beaucoup à dire sur l’anxiété…

Le traumatisme d’origine peut être apaisé progressivement si vous acceptez de prendre du recul par rapport au passé et d’être votre meilleur allié.

Votre blessure primitive fait partie de votre histoire mais elle ne doit pas l’orienter obligatoirement. Vous avez un pouvoir et une responsabilité dessus.

Après avoir compris ceci, à vous de mettre en place toute action visant à être bienveillant avec vous-même. Chercher le danger partout ne sera donc plus une priorité, mais votre bien-être à l’instant présent, si.

Si vous voulez apprendre des outils vous permettant d’y parvenir rapidement, vous pouvez réserver votre séance avec moi en cliquant ici.

Jocelyn Le Guen

Prenez soin de vous.

Laisser un commentaire