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Comment s’est passée mon adoption ?

Photo par fdecomite (flickr)

 

Je vous fais cet article puisqu’une adoptée m’a fait remarquer qu’en effet, je parlais beaucoup de mon enfance et de mon vécu en France, mais rien concernant mon abandon et mon adoption. Erreur corrigée 🙂

 

Comment s’est passée mon adoption ?

 

Une longue procédure pour mes parents :

 

L’adoption en France demande de la patience et des connaissances administratives. Mes parents en ont fait l’expérience. Après avoir fait des demandes d’adoption dans plusieurs villes de France comme Bordeaux, Lyon, Cherbourg, Paris etc… de multiples lettres ont été envoyées et n’ont pas trouvé de réponse. Et quand il y avait des réponses, elles étaient toutes négatives…

Pourtant mes parents avaient un bon train de vie. Mon père avait une bonne situation professionnelle, installé dans sa profession. Ma mère et lui, habitait dans une maison qu’ils avaient acheté. Autant dire qu’au niveau des “critères de base”, les conditions premières de l’époque étaient réunies. Mais ce n’était pas suffisant.

Ils ont alors fait des demandes à l’étrangers. Entre les années 70 et 90, les adoptions internationales devenaient de plus en plus courantes. Ils ont alors essayé au Pérou, en Corée, Sri Lanka, Cambodge, Indes… Là encore, sans succès.

Il leur a fallu plusieurs années avant de pouvoir me rencontrer : 4-5 ans de combat, à s’accrocher, pour vivre l’expérience qu’est “d’être parents”.

Lors d’un voyage au Brésil, mes parents rencontrèrent un avocat qui s’occupaient des adoptions. Il leur a promis que dés qu’il aurait un enfant à faire adopté, il les appellerait.

Un an plus tard, durant la nuit, le téléphone sonna et mes parents apprirent la bonne nouvelle : j’étais née.

 

De mon coté :

 

Difficile de vous parler d’une expérience que j’ai oublié au niveau conscient. Je vous dirai alors que ce que je sais en fonction des informations que j’ai eu sur mon dossier.

Je n’ai aucun nom, ni aucun renseignements concernant ma famille biologique. Ceci dit j’ai le nom de l’avocat qui s’est occupé de mon adoption, d’une déclarante et du tribunal qui se sont occupés de moi. C’est sur ces informations que je vais mener mes recherches avec La Voix des Adoptés (qui a ouvert sa première cellule de recherche au Brésil en 2016, à Sao Paulo).

 

L’hypothèse la plus courante :

Durant de grandes fêtes sur la plage, ma mère (de naissance) auraient rencontré un homme. Puis 9 mois plus tard je suis née. Mais comme la plupart des mères qui font adopter, elle devait être pauvre et avoir du mal à subvenir à ses propres besoins. Ne pouvant m’offrir la vie qu’elle souhaitait, elle est passé par un orphelinat ou par l’avocat qui s’est occupé de moi ensuite. Je le rappelle encore, ce n’est qu’une hypothèse.

Les raisons sont très obscures, étant donné le peu d’informations notées sur le dossier, concernant ma mère biologique encore une fois. Je cherche à percer le mystère et serai très heureux de pouvoir rencontrer celle qui m’a mis au monde. Même si je n’ai pas de lien de “cœur” avec elle : Sans elle, et sans cette expérience, je ne serai pas ce que je suis aujourd’hui.

 

Hypothèse de l’avocate :

Selon l’hypothèse de l’avocate qui s’occupe de mon dossier d’adoption, grâce à la cellule mise en place par la Voix des adoptés à Sao Paulo, mon adoption devait être “arrangée” à la base. Je devais être confié à un couple brésilien, et pour une raison inconnue, ça ne s’est pas fait. L’avocat m’a donc proposé à mes parents actuels.

 

Pourquoi chercher ma famille biologique ?

 

Comme tout être humain, je pense avoir besoin d’un reflet (génétique)  : de voir que j’appartiens biologiquement à quelqu’un. Que je ne suis pas seul ou venu de nulle part… Que je partage des traits de caractère (héréditaires) avec quelqu’un d’autre. De me sentir accepté et acceptable en tant qu’être humain. Ce qui permettra à l’enfant blessé en moi de se sentir enfin aimable et aimé.

Ainsi que de reconnecter avec le pays dans lequel j’aurai pu vivre. Dans lequel j’ai vu le jour et vécu une courte période. Peut-être me sentirai-je, comme les disent certains adoptés, “chez moi”.

Bien sûr je sais que je ne peux pas miser entièrement mes espoirs sur mes retrouvailles. Il y aura toujours une part de moi qui restera restera marqué par le traumatisme passé. Mais qui pourra être apaisée grâce aux multiples actions que j’entreprendrai vis à vis de mes recherches, comme vis à vis de moi-même.

 

Souvenir :

 

Je fais partie des adoptés qui n’ont pas de photos de leur mère biologique.

L’une des photos les plus anciennes est cette rencontre avec ma nouvelle mère, qui est ma mère aujourd’hui :

 

Rencontre entre ma mère adoptive et moi.

 

La photo dégage en elle-même une grande émotion, car elle représente pour moi le premier contact (et regard) avec ma mère adoptive. De plus, après toutes ces années de recherches, ma mère pouvait enfin devenir Mère et me tenir dans ses bras.

 

Histoire à suivre…

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