5 difficultés de la blessure d’abandon dans l’adoption

Encore une fois, cet article se base sur les recherches que j’ai pu faire moi-même au travers des ouvrages psychologiques sur la blessure primitive des adoptés, ainsi que sur mon expérience personnelle. Voici donc les 5 difficultés liées à la blessure d’abandon que rencontrent les adoptés dans le mal-être.

1) Le rapport aux parents adoptifs

famille adoption

N’oublions pas une chose, le bébé sait dés le début que ses parents adoptifs ne sont pas ses “vrais” parents (au sens originel).

Les réactions émotionnelles sont donc gérées différemment. Certains développeront une colère inconsciente (une grande intolérance au mensonge et à l’injustice), d’autres une grande tristesse (émotif à toute situation abandonnique) ou une anxiété permanente (en alerte sur tous les changements pouvant survenir).

Le plus souvent, deux profils concernant l’enfant adopté se distinguent par rapport à ses parents. Le docile ou le rebelle.

Le docile :

Aura tendance à aller dans le sens de ce que ses parents décident pour lui. Le but étant de se faire aimer et de ne pas rater sa “deuxième chance”, ayant été abandonné la première fois par ses parents biologiques.

L’inconvénient est qu’à long-terme, le docile aura du mal à prendre des décisions pour lui-même et une grande peur de décevoir qui le paralysera fréquemment. Sa personnalité sera à redécouvrir progressivement par lui-même (ses goûts, ses opinions réelles et ses aspirations profondes) afin d’avoir un rapport mature avec sa famille et son entourage.

Le rebelle :

Aura tendance à s’opposer à tout ce que lui suggéreront ses parents adoptifs. Ils sont souvent en proie à leur colère, ont des difficultés scolaires et des fréquentations toxiques. Ils veulent montrer leur profond sentiment inconscient d’injustice par rapport à leur abandon et demande, en quelque sorte, “réparation” à ses parents adoptifs qui n’y peuvent rien.

Les inconvénients à long-terme, le rebelle prendra des décisions en fonction de sa colère et sera alors confronté à de nombreuses difficultés dans sa vie (psychologiques, sociales, relationnelles, professionnelles), laissant moins de chances au réelles opportunités de revenir vers l’amour. Il devra donc travailler sur son sentiment de colère afin d’avoir un rapport mature avec sa famille et son entourage.

Les parents adoptifs devront alors s’informer sur l’évolution des adoptés dans leur psychologie, comprendre les mécanismes de défenses qui en découlent et apprendre à mieux communiquer. Cela implique de s’ouvrir émotionnellement et d’effectuer un travail sur soi en quelque sorte.

Il est important de comprendre qu’on évolue humainement tout au long de notre vie. Croire que sous prétexte qu’on est parent nous donne raison en tout point est immature.

Un enfant adopté a besoin d’un guide, le parent adoptif doit remplir ce rôle et être un exemple de maturité.

 

2) Le rapport à l’autorité

rapport à l'autorité

Cette difficulté est le plus souvent visible en terrain professionnel, et plus particulièrement dans le cadre du salariat.

Être salarié, c’est avoir la responsabilité d’une tâche, des horaires à respecter et parfois une image à communiquer au personnel ou aux clients. Tout cela est effectivement dicté par le “patron” de la structure.

Ceci peut être un problème pour un adopté en mal-être.

Je l’ai moi-même vécu à de nombreuses reprises quand je faisais encore des boulots salariés :

J’avais la sensation de devoir porter un masque en permanence et de raser les murs pour ne pas déplaire à mes collègues, ni au patron duquel je dépendais pour “vivre”. Puisque je pensais que je ne pouvais pas faire autre chose et que j’avais besoin d’argent pour payer mon loyer.

Il n’y a rien de plus bridant que de se coincer soi-même dans ce genre de situation.

L’une des autres raisons pour lesquelles un adopté peut avoir des difficultés avec l’autorité est qu’il ne fait plus confiance aux “grands”.

Ayant la sensation qu’on lui ait menti sur le fait que ses parents ne sont pas ses vrais parents, il va refuser tout ordre et parfois faire l’opposé de ce qu’on lui demande. Une sorte d’autosabotage inconscient.

Autre raison, le complexe de perfection. Un adopté en mal-être au salariat va essayer de faire au mieux, voire en faire trop. Souvent des bêtes de travail, ils ne supporteront par quand on leur fera une remarque ou un reproche. Ce sera perçu directement comme une attaque.

L’objectif d’être parfait dans leur travail était de se faire bien voir, de se faire aimer. L’amour, c’est la sécurité. L’enfant abandonné d’hier la recherche encore mais par le travail.

L’inconvénient à long-terme, c’est que soit l’adopté en mal-être se fera licencier rapidement, soit il s’efforcera de rester dans une boite où il ne s’épanouit pas, ayant des problèmes de communication avec l’autorité jusqu’au jour où il y aura licenciement ou démission.

Le travail à faire, est de pacifier son rapport à l’autorité et aux critiques des autres, car ces dernières ne sont pas toutes malveillantes.

 

3) Les relations amoureuses et amicales

relation amoureuse

C’est sûrement l’aspect le plus dramatisé dans la blessure d’abandon. La relation amicale ou sentimentale.

Un adopté en mal-être recherche souvent l’amour plus que tout mais ne se sent pas digne d’être aimé.

L’amour est en réalité un prétexte pour retrouver le sentiment perdu de fusion avec la mère biologique (peau à peau, chaleur, odeur, sécurité). Cela favorise grandement la dépendance affective et aux relations sexuelles.

Il y a la croyance que la parole rassurante et le contact physique direct de l’autre sont les seuls moyens de recevoir son “amour”. Or, il y en a beaucoup d’autres : activités à deux, projet professionnel commun, cadeaux, respect de l’individualité de l’autre, respect de ses moments de solitude, confiance, etc.

Ceci s’applique également dans les relations amicales, sans la relation sexuelle évidemment.

L’inconvénient à long-terme est que par peur de ne pas contacter autant l’amour que l’adopté en mal-être le voudrait, il aura tendance à développer des comportements de manipulation afin de rapprocher l’autre de lui.

S’il ne le fait pas, il ne parviendra pas à maîtriser ses émotions, se laissant déborder au dramatisme de ses pensées emplies de peurs imaginaires. La peur d’être abandonné dans une relation est imaginaire du temps qu’elle n’est pas arrivée, puisque le futur est imprévisible. Quand bien même cela s’est déjà produit dans le passé, ça n’existe plus puisque c’est passé.

Les relations seront alors vécues de manière immature et pourraient même devenir toxiques.

Le travail est de faire une profonde introspection afin de reconnaître et d’apaiser sa blessure d’abandon. Vous pouvez le faire accompagné par un professionnel proposant des outils concrets pour la dépasser ou par de nombreuses méditations / hypnoses disponibles sur YouTube.

 

4) L’univers psychiatrique

hôpital clinique

La plupart des adoptés que j’ai reçu en séance par téléphone ou à mon cabinet ont déjà passé quelques séjours dans les hôpitaux : tentatives de suicide, dépression, troubles de la personnalité schizoïde, etc.

Le diagnostique le plus souvent donné à leur égard est “Borderline”.

Je ne suis pas professionnel de santé. Je ne vais donc pas détailler les différences entre la blessure primitive des adoptés et les borderline. Il y a des similitudes mais aussi de grandes différences. Si vous voulez en savoir plus, je vous recommande une fois de plus Renouer avec soi, l’enfant adopté devenu adulte qui vous l’explique merveilleusement bien.

 Je reçois le plus souvent leurs proches (famille ou conjoints), dépassés par la situation et ne sachant plus quoi faire…

Parfois, la vie peut être perçu comme un enchaînement de complications et de souffrances de la part des adoptés en mal-être. Chaque chose du monde apparaît comme “dure” et n’a aucun sens.

Nombre d’entre eux alors se plongent dans les addictions (alcool, canabis, cocaïne, sexe, etc) afin de les anesthésier de cette réalité vécue comme douloureuse en permanence.

En réalité, seul un travail émotionnel intense sera en mesure de faire changer ce filtre issue de la blessure primitive. Ceci peut se faire aussi accompagné d’un professionnel ayant des outils concrets pour travailler sur les émotions ou d’hypnoses et méditation disponible sur internet.

Mais surtout, de volonté personnelle, par amour pour la vie.

J’ai remarqué que les plus désespérés et s’estimant comme les plus “noirs”, sont les plus désireux de se rapprocher de la lumière et les plus capables de la contacter directement.

 

5) Trop dans le mental

peur de l'échec

Le mental sert à faire des plans. Il aide avant de se lancer dans un projet.

Il devient un handicap quand il agit sur la base de nos peurs cependant.

En fait, on peut simplement dire que si une personne ne change pas, adoptée ou non, c’est par peur d’échouer.

La peur de l’échec est la difficulté numéro une dans le développement personnel d’un individu.

Un adopté en proie au complexe de perfection aura pour principal travail d’accepter d’échouer.

Pourquoi est-ce difficile d’échouer ?

Simplement parce que la croyance d’être moins valable ou moins digne d’amour si on échoue nous contrôle. C’est souvent révélateur du regard que l’on porte sur nous-mêmes d’ailleurs : “Si j’échoue, je serai nul / sans intérêt / dégueulasse / etc.”

J’ai moi-même longtemps été victime de cette peur et elle m’a semblé longtemps abstraite… puisque je passais mon temps à réfléchir plutôt qu’à la mettre à l’épreuve.

L’inconvénient sur le long-terme est donc qu’on va passer plus de temps dans notre mental, à réfléchir, plutôt qu’à faire ce qu’on sait être bénéfique pour nous. Restant alors dans les difficultés actuelles qui ne font que grossir de plus en plus.

Le travail est sur l’estime de soi, à appliquer dans toutes les conditions, même d’échec. Ceci nécessite une introspection personnelle pour développer la connaissance de soi, que ce soit avec l’aide d’un professionnel familier à la problématique, ou par soi-même.

 

Ma conclusion et mon conseil :

amour de soi

Pour se débarrasser de ces 5 difficultés, il vous faudra entamer un travail progressif. J’entends par progressif : en douceur certes, mais volontaire et constant.

Prenez donc conscience de ces difficultés dans chaque domaine de votre vie. Observez comment elles se manifestent chez vous, puis avec qui, dans quels lieux, etc.

Il est important de les identifier de cette façon.

L’étape suivante sera de ressentir vos sensations corporelles dans ces situations. Vos pensées ne sont que des déclencheurs, elle ne sont en aucun cas des vérités ! Elles sont souvent porteuses de croyances limitantes qui sont à remettre en question. 

Encore une fois, ce travail peut s’effectuer seul mais ce sera plus long selon moi… à vous de voir.

Même si j’ai fait la majorité de mon cheminement personnel tout seul, j’ai eu à certains moments besoin l’aide ponctuelle de professionnels dans les thérapies brèves (Hypnose, PNL, Bioénergéticiens, Clairvoyants/Medium).

J’aide moi-même les personnes à dépasser leurs difficultés aujourd’hui. Vous pouvez réserver votre séance avec moi sur cette page.

Jocelyn Le Guen

Prenez soin de vous.

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