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Témoignage adoptée de Roumanie : Le début d’une quête

Témoignage adoptée de Roumanie
Photo par Panoramas

Témoignage adoptée de Roumanie

Pour ceux qui cherchent « Témoignage adoptée de Roumanie », c’est ici qu’Anna-Cécile vous raconte son histoire. Son arrivée en France, ses ressentis, où elle en est aujourd’hui…

Témoignage adoptée de Roumanie : Le début d’une quête

Je m’appelle Anna-Cécile, j’ai 23 ans et il s’agit de mon premier témoignage.

Alors pourquoi commencer par mon prénom ?
Car il s’agit tout simplement du début de mon histoire, enfin… presque mais pas tout à fait.

Tout a commencé lorsque j’avais 2 ans et 10 mois (on va dire 3 ans). Née le 5 février 1993 en Roumanie, je suis arrivée en France, en avion, à l’aéroport de Guipavas, avec mon père, le 16 décembre 1995 dans ma « nouvelle famille ». En Bretagne dans le Finistère plus précisément. Tout le monde m’attendait à l’aéroport : ma mère, mes deux frères, la meilleure amie de ma mère et sa fille (elles deux originaires de Guipavas). C’était un moment magique pour tout le monde, il n’y a pas de mots pour décrire cela m’a-t-on dit et me dit-on toujours.

Je suis enfin arrivée en France après de longs mois d’attente. Les gens se demandaient et se demandent toujours si c’est Anne-Cécile ou Anna Cécile ? » Non, non, c’est Anna-Cécile, un prénom composé. Mes parents voulaient mettre Cécile, alors pourquoi pas garder une partie de mon prénom d’origine Anna puis ajouter Cécile ? Chose faite et j’y tiens énormément.

Me voilà arrivée en France, mais pour combien de temps ? Je ne sais pas si je me posais réellement cette question à 3 ans, peut-être, peut-être pas, bref. Bien emmitoufler dans des vêtements bien chauds dans les bras de mes parents et ne comprenant rien au français, j’arrive en vain dans « ma maison », chez des « étrangers ». Ouf, quel soulagement… enfin je ne sais pas à vrai dire.

Anna-Cécile, 3 ans, originaire de Roumanie et habitant le Finistère, quel « dépaysement » ! Eh oui arriver dans un endroit inconnu, avec de nouvelles têtes (des Bretons !), et où il fait presque trop chaud par rapport à la Roumanie (– 40°C là-bas l’hiver), pas facile.

Une semaine passe, puis noël arrive ! Qui dit noël, dit en général : guirlandes lumineuses, sapin, cadeaux, foie gras, langoustines, et repas de famille. Je pense qu’à l’orphelinat on n’avait pas tout ça… Mais conclusion de mon premier noël en France : le pâté Henaff était très bon ! (rire)

Les mois passent, je commence à aller à l’école (c’était compliqué au début surtout lorsqu’on ne comprend pas la langue), je commence à m’habituer à ces « nouvelles têtes », j’apprends très rapidement le français. Il me fallut du temps pour m’habiter à cette « nouvelle vie ». J’avais peur de tout, je criais dès que je voyais une mouche ou un escargot !

La vie continue. Mes parents et mes frères me dorlotent, jouent avec moi, prennent soin de moi.

Néanmoins, je n’ai qu’une seule angoisse : être abandonnée par ma nouvelle famille.

Prédominante parmi tant d’autres…

Les années passent, sans me poser trop de questions sur « mon histoire », le pourquoi du comment, etc… Mais peut-on réellement continuer à vivre normalement sans penser à tout ça, sans penser à un éventuel abandon ? Eh ben non.

En effet, depuis quelques années, je commence à me poser plusieurs questions. Et je me rends compte qu’en fait, je ne connais pas tout de ma vraie histoire.

Au lycée, on arrive à un âge où les gens de ta classe peuvent comprendre le mal-être d’un enfant adopté et toutes les questions qui lui passent par la tête, mais sans réponses… alors tu commences à en parler à ta famille, aux professeurs, à tes meilleur(e)s ami(e)s et à ton entourage, qui eux-mêmes ne peuvent pas te répondre. C’est dur moralement.

Il est vrai que lorsqu’on a des questions, on attend qu’une chose : avoir des réponses. Mais là ce n’est pas le cas.

Ne trouvant pas toutes mes réponses dans mon dossier d’adoption, je me lance en 2014 à faire des recherches sur ma famille biologique, sans convictions. Pourquoi ? Parce que je me dis que dans un pays comme la Roumanie, ça peut être compliqué ; entre autres à cause de la langue, à cause de l’éloignement, et surtout du fait que je ne sais même pas où m’adresser pour faire mes recherches.

J’ai peur de me lancer dans des recherches comme celles-ci car j’ai peur que mes parents biologiques soient décédés et que je ne puisse pas mettre un visage dessus. Et surtout, ne pas avoir des réponses. Car il n’y a qu’eux qui puissent m’expliquer le pourquoi du comment.

 

www.sadoptersoi.com
Photo par Clearfrost

Alors, j’envoie des courriers un peu partout (services sociaux, tribunaux, etc…), sans être sûr que les courriers arrivent jusqu’en Roumanie.

Deux années passent, sans réponses. La vie continue malgré tout avec des hauts et des bas, j’enchaine plusieurs CDD mais tout en gardant dans un coin de ma tête les recherches commencées en 2014.

Maintenant j’ai 23 ans, et je ressens de plus en plus le besoin d’avoir des réponses à toutes mes questions. Je fais donc des relances en août dernier. Le 6 Octobre dernier, je reçois un courrier. Et pas n’importe lequel, mais je préfère ne pas aller plus loin pour le moment.

En parallèle, je me renseigne auprès d’une association, l’EFA du Finistère, qui me dirige vers une autre association qu’est « La Voix Des Adoptés » sur Nantes.

Et là, je fais la connaissance de Jocelyn Le Guen via les réseaux sociaux, et j’apprends qu’il s’agit du nouveau responsable de l’association « Voix Des Adoptés » à Rennes. On s’appelle pour discuter de ces futurs projets au sein de l’association.

Pourquoi chercher une association qui rassemblent des adoptés ? Car, ça peut être pour moi une thérapie, une voie de sortie de mon mal-être tout simplement.

C’est l’avenir qui nous le dira.

 

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