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Pourquoi retrouver ses parents biologiques ne résout pas toujours tout ?

retour pays d'origine
Photo par Steluma

Certains voit cette option comme la solution ultime ! Mais est-ce vraiment le cas pour tout le monde ? J’y réponds dans cet article.

 

Pourquoi retrouver ses parents biologiques ne résout pas toujours tout ?

 

Cet article est le complément de Pourquoi retrouver sa famille biologique est important ? Il s’adresse aux adoptés pressés ou seulement intrigués. Car non, retrouver sa famille biologique ne résout pas tout. Je vais expliquer pourquoi ici.

Attention : il ne s’agit pas de faire de généralité. J’ai bien conscience que chacun a eu son vécu par rapport à la situation. Je parle donc aux personnes qui sont simplement curieuses et ouvertes au sujet.

 

Le reflet génétique : « de qui je tiens… »

 

Le reflet génétique est le fait de reconnaître spontanément des caractéristiques personnelles chez autrui : qu’elles soient physiques, comportementales ou même mentales. Donc, c’est quelque chose propre à la famille de naissance.

Les études en neurosciences montrent qu’il est important au début de la vie pour le bébé. Il est apaisé de reconnaître des caractéristiques biologiques qu’il a en commun avec sa mère biologique principalement. Et ce, même si lui-même ne s’est jamais vu dans un miroir pour voir à quoi il ressemblait. Ça fait partie du lien mystique entre une mère et son enfant.

Ce reflet, n’ayant jamais été vécu par les adoptés qui n’ont jamais revu leur famille d’origine, est quelque chose d’assez symbolique. D’ailleurs, les liens du sang sont symboliques, qu’on le veuille ou non. Nous existons parce que notre mère biologique nous a porté durant 9 mois.

Une adoptée m’a raconté que même si sa rencontre avec sa mère biologique ne s’était pas passée comme prévu, elle a su de qui elle tenait ses traits physiques (même si c’était un peu tôt pour le voir et l’accepter, la concernant).

Donc le reflet génétique nous donne la réponse de qui nous tenons. L’autre reflète ce que nous sommes, et devient un miroir de nous-même.

 

Le pays d’origine, réponse d’où l’on vient :

 

A l’heure où je réédite cet article, j’ai déjà fait l’expérience de retourner dans mon pays d’origine :

Personnellement, j’ai pu mieux connaître la culture de mon peuple d’origine. Loin des clichés qu’on en a en France et ça fait du bien d’avoir un nouvel éclairage là-dessus. Est-ce que je me suis bien reconnu dans leur culture ? Aucune idée, en tout cas, j’ai bien aimé ce que j’y ai vu. Si j’y reviens, j’y resterai plus longtemps et en apprendrai plus la langue.

À la rigueur, j’ai peut-être une explication de pourquoi j’aime autant les sauces dans la cuisine en général : les brésiliens en sont fans !

Sinon, pour avoir parlé avec de nombreux adoptés, j’ai eu des retours assez contradictoires. De « Je me suis senti comme chez moi » à « J’ai eu du mal… ». Tous ont un point de commun : leurs pays d’origine ne les laissent pas indifférents.

Voir son pays d’origine, c’est selon moi voir le pays dans lequel nos ancêtres ont vécu. Il y a une culture, une histoire, une atmosphère… Pour ceux qui sont adoptés de France, c’est à peu près la même chose à des différents niveaux : Classe sociale, entourage de celle-ci, région d’origine…

Une adoptée m’a raconté qu’elle avait fait presque tous les pays du monde étant jeune, sauf son pays d’origine qui était les Philippines. Elles reconnait avoir fait un long déni là-dessus. Elle se considérait comme « Française » et avait une image biaisée des Philippins. C’est le jour où elle s’est enfin décidée à remettre les pieds dans son pays de naissance, qu’elle a ressenti une douceur. Celle de se sentir en phase avec certaines coutumes et attitudes des habitants. L’image qu’elle en a eu est devenue moins caricaturée. Elle a su retirer le meilleur de sa culture et de son peuple, auquel elle pouvait s’identifier un peu plus. Désormais, elle est plus « en paix » avec son identité.

Pour d’autres, ce fut un autre écho. Chacun son vécu.

 

La question à 1 million : Voir de qui (ou de quoi) nous tenons est-il indispensable à notre bien-être ?

 

La réponse est oui ET non.

Ça ne vous aide pas hein ?

En vérité, la réponse dépendra de l’importance que vous accorderez à cette question. Si vous sentez que seul le fait de voir votre famille biologique résoudra le puzzle de votre vie, alors il y a de fortes chances que ce soit le cas.

Si au contraire, vous n’en ressentez pas le besoin et vous sentez capable de résoudre le puzzle de votre vie en créant vos propres pièces et en acceptant que de toute manière, sans une part de vide, l’être humain est incomplet, alors vous êtes gagnant aussi !

Tout ceci nous amène au point suivant.

 

Mais qui sommes-nous ?

 

retour pays d'origine
Photo par Andy Cross

 

Si retrouver notre reflet génétique et notre pays d’origine mettent un éclairage supplémentaire sur notre histoire, il n’en reste pas moins ce que nous allons faire APRÈS.

Car nous avons revu notre famille, avec les émotions fortes que cela a suscité, nous nous sommes senti comme chez nous dans notre pays d’origine, et après ça ? Retour à la réalité de notre quotidien.

Quoi qu’il arrive, ces éléments supplémentaires de notre histoire sont un plus mais pas forcément une nécessité.

Métaphore du chantier :

 

La vie est à voir comme une construction permanente. En tant qu’adopté, vous avez commencé à construire avec des éléments, sans savoir vraiment desquels il s’agissait. Mais vous avez quand même construit. Parfois, ne pas savoir vous tourmentait : « Est-ce qu’on peut continuer à construire sans savoir ce qu’on utilise ? Est-ce que j’utilise les bons éléments ? Est-ce que tout ça a un sens ?… » Pour d’autres, ils construisent en s’adaptant, en se posant moins de questions. Ceux qui s’en posent vont alors être tenter d’arrêter la construction, pensant que nommer leurs éléments est indispensable pour la terminer d’un coup !

Une fois qu’ils ont réussi à nommer les éléments, à savoir pourquoi ils s’accordaient, ils sont heureux. Mais la construction est toujours là, et demande à être terminée. Désillusion pour ceux qui comptaient sur cette recherche pour s’en délester.

Moralité :

On ne se débarrasse pas de notre construction de soi en la laissant à quelque chose d’extérieur. C’est de la déresponsabilisation.
Les actions à mener sont avant tout intérieures. C’est se responsabiliser.

 

Miroir, miroir :

De plus, avec le reflet génétique, si l’autre est le reflet de ce que nous sommes, il serait mieux de s’aimer un minimum car on pourrait très bien ne pas aimer ce que nous voyons :

  •  Les caractéristiques de nous-même que nous n’acceptons pas, l’autre les reflétera. Que ce soit un membre de la famille biologique ou les habitants du pays. Par exemple : votre mère/père/frère/soeur biologique peut avoir des comportements que vous ne vous êtes jamais autorisé(e) à avoir. D’où l’importance d’un travail minimum de construction personnelle au préalable.

 

Les questions à se poser pour mener des actions venant de l’intérieur :

-Que fais-je pour prendre soin de moi au quotidien ?

-Qu’est-ce qui me faire peur chez moi ? Quel en est le risque d’être telle ou telle genre de personne ? (question que je travaille en séance et qui résout 90% des problématiques)

-Est-ce que je suis serein quand je suis seul avec moi-même ?

-Est-ce que je suis (parfois) capable de m’aimer même avec mes défauts ? Si oui, dans quelles situations ? (les lister et les reproduire)

 

Les petites actions supplémentaires que vous devez mener :

-Renseignez-vous sur votre pays d’origine (ou région). Est-elle riche ? Pauvre ? Et si votre famille était dans l’un de ces 2 cas (l’un après l’autre), comment le vivriez-vous ? L’accepteriez-vous ?

-Regardez des documentaires à la télé ou en replay sur internet concernant votre pays de naissance. Ceci vous permettra de vous projeter, de vous imprégner de la culture, mais surtout d’apprécier les gens qui y vivent.

Pourquoi ? car c’est peut-être des personnes comme celles que vous verrez dans les documentaires que votre famille biologique côtoie.

 

Conclusion :

 

Certaines personnes passent par la théorie avant de pratiquer et de devenir de bon pratiquants. D’autres pratiquent, et développent leur théorie sur leur expérience. D’ailleurs, c’est comme ça que l’être humain a commencé à faire tout ce qu’il sait faire aujourd’hui : « C’est en forgeant qu’on devient forgeron. » On apprend directement à ses dépends. C’est d’ailleurs ainsi qu’on retient le mieux et que nous pouvons transmettre aux autres.

Ne pas connaître sa famille biologique permet d’être dans cette pratique directe. Certes, il y a plusieurs essaies et erreurs, mais cela fait partie du chemin ; de votre chemin de vie, de votre expérience.

Elle fait ce que vous êtes aujourd’hui : une personne tenace, sensible, généreuse ou empathique… A vous de nommer vos éléments avec les mots que vous aurez hérité de vos expériences. C’est important que vous ayez votre point de vue unique car il sera fascinant ou inspirant pour d’autres. C’est par exemple ce que je fais à travers ce blog.

 

Recherches utilisées pour trouver cet article : ou on peut retrouver ses parents biologiques

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