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La question de l’adoption m’a-t-elle questionné ?

 

La question de l'adoption
Photo par : Francesca Dioni

 

Souvent, les gens semblent surpris du fait que j’ai été adopté et me demandent si je suis déjà retourné de mon pays d’origine. C’est plutôt moi qui ai toujours été surpris de leur surprise à vrai dire. Dans cet article, j’explique pourquoi.

La question de l’adoption m’a-t-elle questionné ?

 

Ce n’était pas un secret  :

Photo par Amada Tipton
Photo par Amada Tipton

Mes parents adoptifs m’ont toujours dit que j’avais été adopté, dés le plus jeune âge. Et je me rappelle d’un moment avec ma mère, quand j’étais vraiment petit. Je devais avoir 3-4 ans. Ma mère s’est mise à ma hauteur et m’a dit  : «  Tu sais Jocelyn, tu as été adopté. Tu sais ce que ça veut dire  ? Que nous ne sommes pas tes parents… (et comme par hasard les mots se brouillent à partir de ce moment là dans mon souvenir…)  » Je sentais que c’était un moment important pour ma mère. Le fait de parler de ça tranquillement, tout les deux.

Évidement lorsqu’elle me l’annonçait, ce n’était pas une surprise pour moi. J’avais le souvenir (à ce moment là) qu’elle me l’avait déjà dit. Et quelque part, ça me semblait être une évidence… Je ne sais pas comment l’expliquer, c’était un sentiment. J’acquiesça donc et retourna jouer.

 

Ne pas vouloir en savoir plus  :

Photo par Henti Smith
Photo par Henti Smith

Sur mes parents biologique et mon adoption, je ne voulais pas en savoir plus (article sur ce sujet ici). Comme si je rejetais le dossier. Je me disais  : «  A quoi ça sert  ? A part remuer des trucs qui sont déjà réglés de toute façon…  »

De plus, j’avais une image stéréotypée et très peu moderne de mon pays natal, le Brésil. Peut-être qu’elle venait de l’image qu’on en avait en France et que je l’ai intégré. Ça ne me donnait pas envie de m’y associer. Comme une impression que mes actions seraient déterminées (contrôlées) en fonction de là où je venais.

Je me souviens avoir dit à ma psychanalyste que si je mettais le nez dedans «  ça n’en finirait pas  ». Ces propos m’évoquent aujourd’hui une certaine forme de conscience qu’il y avait bien quelque chose dans cette question de l’adoption. Aujourd’hui je vois cette réaction comme un déni d’aller vers moi-même.

Souvent je vois deux cas extrêmes au fil de mes recherches  : soit des adoptés qui sont fans de leur pays, qui tentent absolument de s’en rapprocher en fixant un grand drapeau sur le mur de leur chambre, et en tentant de vivre au maximum la culture de leurs racines. Ou soit des adoptés qui étaient comme moi  : Aucune envie de mettre le nez dedans, ne voulant rien savoir parce qu’ils estiment que le présent est tel qu’il est et que tout se passe bien. Alors pourquoi changer quoi que ce soit  ?

Les choses ne se passaient pas si bien dans le fond pour moi : ruminations mentales permanentes, instabilités professionnelles et émotionnelles… Choses qu’on peut remarquer dans le témoignage de nombreux autres adoptés.

 

Blessure d’enfance  :

blessure d'adoption
Photo par Phusci Nguyen

Un jour, à l’école (primaire), une amie m’a dit que vu que j’avais été adopté mes parents n’étaient pas mes vrais parents. Ce à quoi j’ai ressenti un mal, j’ai protesté. Et plus je protestais, plus elle le répétait. Ceci a provoqué un sentiment de révolte chez moi. Je voulais lui clouer le bec ! Je crois que je lui ai lancé une insulte. La bête (Moi) était blessée…

Lorsque que j’en ai parlé à ma mère, je me rappelle qu’elle a été blessée comme moi. Elle a dit qu’elle trouvait que mon amie avait des propos durs, que ce n’était « vraiment pas gentil ». Je souhaitais qu’elle lui en touche deux mots, ce que je pense qu’elle n’a jamais fait, sachant qu’il y avait une part de vérité.

Je ne voulais pas entendre parler de mes parents biologiques. Alors évidement, si on me dit que mes parents adoptifs ne sont pas vrais  ; je n’ai plus personne. Je suis abandonné encore ; A ce moment là je ne ressens plus les choses telle que la personne que je suis aujourd’hui. Mais tel que l’enfant que j’étais, et qui a ressenti l’adoption comme un abandon par sa mère biologique.

 

Conclusion  :

 

La question de l’adoption m’a-t-elle questionné  ? Consciemment non. Inconsciemment oui  ! Ce n’est pas pour rien que j’ai eu de nombreux questionnements traduits par  : une préférence pour la philosophie au lycée, l’envie de devenir un artiste reconnu (et connu), mon intérêt pour le développement personnel, une entrée en fac de psychologie, l’établissement d’une chaîne Youtube sur ces thèmes. Et aujourd’hui ce blog.

 

Dites-moi ce que vous pensez de cet article. Comment l’adoption vous a-t-elle questionné ?

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