Comment savoir si nous sommes concernés par la blessure d’abandon ?

blessure d'abandon
Photo par Stephhxbby (flickr)

 

Comment savoir si on est touché par la blessure d’adoption et plus généralement blessure d’abandon… Cet article n’a donc pas pour but de généraliser les adoptés. Nous avons tous vécu des épisodes de séparation ou de peur d’être abandonné.

Ce qui peut donc parler aux adoptés comme aux non-adoptés. Et chacun l’a vécu à sa façon : Bien, moyennement bien ou mal. Dans cet article, j’expose comment savoir si nous sommes concernés (et affectés) par la blessure d’adoption.

 

Comment savoir si nous sommes concernés par la blessure d’abandon ?

 

La blessure d’abandon :

Pour les adoptés :

Nous existons grâce à notre mère de naissance. 9 mois de développement intra-intero puis nous venons au monde. Elle devient alors notre seul repère. Être séparé d’elle ne peut donc qu’être traumatisant.

Des observations montrent que la plupart des bébés sont sous état de choc : pouls accéléré, hyper-activité, montée d’adrénaline… Les bébés qui n’auront pas assez de contacts physiques auront des épisodes dépressifs.

Comme je l’indique dans mon ebook, tous les événements d’avant l’âge de 3 ans partent en mémoire implicite (en gros dans l’inconscient) pour des raisons biologiques.

Pour ceux qui ont été adoptés plus tardivement, une séparation avec les parents biologiques restent une séparation. Un enfant aura toujours besoin de l’affection qu’il a toujours connu.

Les émotions sont donc là, marquées en fond de nous, dans notre inconscient. Elles rôdent, et sont attentives à la moindre situation rappelant la situation traumatique : Rupture amicale, amoureuse, réflexion de la part d’un proche, rejet d’un(e) inconnu(e) etc…

 

Pour les non-adoptés :

Vous l’aurez compris ; La blessure d’abandon peut donc naître suite à un événement d’une (ou plusieurs) séparation douloureuse durant l’enfance, période où on inscrit nos premières expériences avec le monde, les plus marquantes !

 

1) Les événement(s) de notre vie :

 

En tant qu’adopté(e)s, nous avons tous vécu la séparation avec notre mère biologique. Il faut savoir que ce n’est pas quelque chose de « naturel ». Les bébés ou jeunes enfants ne sont pas destinés à être séparés de leur mère alors qu’ils n’ont pas fini leur développement affectif.

Cet événement laisse des traces. Certains le décrivent un peu comme un « membre fantôme ». Ils savent qu’ils ont quelque chose d’eux-même qui existe bel et bien mais qu’ils n’arrivent pas à saisir. D’autres ont décidé d’ignorer ce quelque chose et d’avancer avec ce qu’ils ont.

Des non-adoptés pourront ressentir également la même blessure. Je pense aux enfants du divorce, aux orphelins… Du temps que la mère aura été fréquemment absente au début de la vie de l’enfant, cette douleur de la séparation pourra être ressentie et avoir des répercussions sur nos relations affectives.

Ce sera le développement d’une blessure d’abandon mais formée de la même manière que pour les adoptés.

 

2) L’intensité des émotions :

 

www.sadoptersoi.com
Photo par Fréderic Bisson

 

Évidement, la plupart des êtres humains ressentent le plus souvent les 5 blessures qui nous empêchent d’être nous-mêmes. Elles sont partagées par tous en effet. Ce qui est plus important, c’est quelle place prennent certaines blessures dans nos vies et leurs intensités ?

 

Deux exemples face à une rupture amoureuse :

 

Exemple 1 :

J’avais un ami qui en avait un de ses collègues qui étaient en couple depuis 5 ans et venait de vivre une rupture amoureuse. Appelons ce collègues « A ». Lorsque A a bu un verre avec lui pour lui en parler, A n’a pas pleuré. Il a apparemment exprimer qu’il était un peu triste, que ça lui “faisait chier” mais que c’était comme ça c’est tout.

A avait toujours le même comportement avec ses amis par la suite. Il venait au soirées, continuait à suivre ses études… Il se comportait comme d’habitude. Un autre sortait d’une relation d’un an et demi. Appelons-le B. Pour B, c’était dommage, mais c’était la vie. C’était aussi la récupération d’une liberté sexuelle.

 

  • Observation :

Retenons surtout le comportement de A car il sort de la plus longue relation. A est affecté par sa rupture, mais pas au point d’arrêter de vivre ou d’en faire une dépression (bien qu’on ne puisse pas connaitre son comportement en privé et que nous ne sommes pas dans sa tête).

Il a visiblement les ressources nécessaires pour faire encore bonne figure face à ses amis et ses obligations. C’est surtout sa capacité à relativiser qui serait flagrante.

Selon vous : Sait-il tout simplement relativiser ? Est-ce une capacité impressionnante à dissimuler ses émotions ? ou du déni ?

 

Exemple 2 :

J’ai pu échangé avec plusieurs personnes vivant une rupture amoureuse. Certaines étaient séparées à des durées différentes : 3 ans, 8 mois, 1 an…

Qu’importe au final le temps passé. Une fois que l’être aimé était perdu, ces personnes étaient dans un état dépressif : elles ne sortaient plus, s’arrêtaient même de travailler. Elles n’avaient plus gout à rien, se sentaient seules et désemparées, faisaient une obsession sur leur douleur

Le point commun est que la plupart avait connu l’absence ou la perte d’un proche dans leur vie : décès d’un parent, divorce, un parent absent (ou instables), perte d’un proche… (pas d’adoptés à part moi)

A cette époque là, je sortais aussi d’une rupture amoureuse, ce qui m’a permis de rencontrer ces personnes. Cet événement était en effet « traumatique », j’étais mal ; comme “en panique face à un vide effrayant, étouffant, me sentant seul et abandonné”. Heureusement, j’avais le léger avantage de connaitre le processus auquel j’allais faire face, même si il y a toujours des imprévus ! J’étais consciemment préparé. Ça ne m’a pas empêché de souffrir néanmoins, car il faut du temps pour apprendre à faire face à quelque chose qui se confond à notre blessure d’abandon. Mais ça me permettait d’avoir confiance en ma capacité à me relever, et donc d’agir plus facilement. D’être dans une démarche active. Ma conscience pointait le cap vers le futur malgré les tempêtes : Je voulais utiliser cet événement comme une expérience clé pour rebondir.

 

  • Observation :

Il semblerait que la perte de l’être aimé soit un drame chez ces personnes. Elles ont notamment le point commun d’avoir vécu un événement “abandonnique” auparavant.

L’obsession faite sur leur douleur est involontaire et puise toute l’énergie. Elle pourrait se référer à l’événement traumatique, dont le deuil n’a pas été fait pleinement.

Selon vous : Leur passé douloureux influence leur perception de l’événement ? ou est-ce un pur hasard ?

 

Rien qu’avec ces observations (qui peuvent se confirmer avec d’autres situations), nous en déduisons avec certitude qu’émotionnellement ; NOUS NE SOMMES PAS TOUS ÉGAUX FACE A UN ÉVÉNEMENT. Que nous n’avons pas la même façon de le vivre et d’agir par la suite.

La question est : Face à un événement identique, comment se fait-il que certaines personnes arrivent à le relativiser alors que d’autres non ?

 

L’intensité de la douleur n’est pas prédominante dans l’exemple 1, mais l’est dans l’exemple 2 ! Pourquoi la douleur est-elle si intense au point de dominer la vie actuelle de l’individu ?

C’est en ce point que la connaissance de Soi est essentielle. Une démarche analytique pour comprendre ce qui nous arrive peut-être alors nécessaire, et certains adoptés savent déjà de quoi il s’agit.

Je ne dis pas de devenir comme ces personnes dans l’exemple 1. Mais de prendre conscience que hormis notre douleur, ce (et ceux) qui nous entoure est important. L’ego se focalisera sur ce qu’il aura perdu et c’est normal, mais nous détourne de ce qui est bon pour nous.

 

  • Test : Quelle est l’intensité de nos émotions face

 

www.sadoptersoi.com
Photo par Minh Hoang

 

-A une situation de rejet, exemple : Vous abordez un inconnu dans la rue mais il préfère vous ignorer ou vous prétexte qu’il est pressé. Comment vous interprétez la situation ? Comment vous sentez-vous face à sa non-réponse ?

-A une situation de séparation, exemple : Lors de votre dernière rupture amoureuse, vous êtes-vous senti(e) contrarié(e) ou impuissant(e) ? La situation paraissait-elle surmontable ou “insurmontable” ?

 

  • Si vous êtes affecté(e) mais que vous arrivez quand même à vous concentrer sur la suite de vos tâches quotidiennes, que vous continuez à travailler, à faire vos projets, et que vous ne pensez pas à la situation « gênante » comme un échec mais plutôt comme une expérience ; vous avez trouvé une façon consciente (ou inconsciente) de les gérer.
  • Si les 2 situations vous déstabilisent, que vous restez dessus, à remettre votre valeur en question, que ça vous distrait même de vos tâches importantes… c’est qu’il serait bon d’interroger cette part de vous qui reste bloquée sur l’événement. Vous pouvez vous entretenir avec votre enfant intérieur afin de mieux l’accompagner.

 

Conclusion :

 

Tous le monde ne réagit pas de la même manière comme vous pouvez le voir. Ce qui est beau dans un monde où chacun est différent, c’est que nous pouvons nous inspirer des différences de l’autre (esprit du Soi croissance), sans pour autant tomber dans le piège de la comparaison (esprit de l’ego).

Nos façons de ressentir peuvent être différentes et surtout, elles peuvent changer. C’est ça que je souhaite également démontrer à travers le blog.

 

Si cette vidéo vous a plu, vous pouvez faire un don, ou dire ce que vous en avez pensé dans les commentaires.

FAIRE UN DON

.

Souvenez-vous de ce que disait Marshall Rosenberg : « Ne faites rien qui ne soit pas du jeu. » 🙂

 

2 réflexions sur « Comment savoir si nous sommes concernés par la blessure d’abandon ? »

Laisser un commentaire