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Comment j’ai surmonter un moment de découragement professionnel

adopté travail
Photo par Missis Awdy

Cet article est le suivi de L’adopté au travail : Mes challenges professionnels. J’ai eu un moment de découragement qui ressemblait à ceux que j’avais toujours connu et j’ai réussi à les contourner. Je préviens, cette article est « lourd » dans sa première moitié même si il se termine bien. 🙂

(article écrit mi-octobre 2016)

Situation globale :

 

Et oui, je vous ai déjà dit que j’arrivais souvent à ce stade et que c’est à ce moment là que mon contrat se terminait ! Je vous explique ce qui n’allait pas :

-Douleur à la jambe droite depuis le début de mon contrat au Mac Do (1 mois et 2 semaines). Le premier jour on a envie de montrer ce qu’on a dans le ventre, autant aux supérieur(e)s qu’à soi-même (Surtout quand la formatrice est jolie.) Parenthèse fermée, il n’est pas étonnant qu’en tant qu’adopté j’aurai voulu en faire encore plus pour chercher l’approbation des “chefs” et éviter le rejet de leur part. Mais étant conscient de ce détail, puisque je me suis de nombreuses fois fait du mal dans mon travail pour plaire et répondre aux attentes, j’ai maîtrisé intelligemment la situation. Rappelez-vous, je suis dans une optique de communication désormais ; Si je n’arrive pas à faire quelque chose je l’assume et je le dis. Plutôt que de forcer en ratant la tâche à accomplir.

Bref, j’avais mis les mauvaises chaussures à semelles plates, ce qui tire beaucoup plus sur les muscles à l’arrière de la cuisse quand on pose le pied. Je faisais de grandes enjambées pour aller d’un endroit à l’autre et ça faisait longtemps que je n’avais pas fait autant d’efforts.

Je suis allé voir le médecin, ce n’est que superficiel apparemment. Seul le repos pourra y faire quelque chose selon lui mais comme ça ne m’enchante pas de faire un arrêt travail avant ma fin de période d’essaie (qui est de 2 mois) je dois faire une échographie puis voir un Kiné… Génial… pas prévu au programme, mais gérer l’imprévu fait parti du process de changement me direz-vous !  Clignement d'œil

-Fatigue à cause du décalage de mon rythme et de services tardifs parfois (c’est la restauration). Je dors moins bien, de plus comme j’effectue des changements (profonds) dans ma vie personnelle, les fantômes du passé exercent un stress inconscient dans mon sommeil. Les anciennes habitudes se révoltent, il faut redoubler d’efforts… Je me réveille souvent la nuit après certains rêves plutôt agréables mais qui appartiennent au passé.

-Une situation bien contrariante dont je vous parle dans le point suivant.

 

Situation “traumatique” :

 

Le titre de ce point pourrait paraître dur, mais il est simplement réel du point de vue psychologique. Une situation m’a ramené à une autre situation émotionnelle traumatique.

J’avais eu un service rude le midi sur un poste qui me demandait de ne pas trop bouger mais beaucoup de concentration en temps de rush (heures de pointe)… Ça m’avait irrité. Le fait d’être sur un poste que je ne pensais pas pouvoir gérer de la bonne façon (et c’était le cas, même si j’ai réussi à faire les boissons qu’il fallait, je n’ai pas suivi la démarche à suivre). Ce rush avait été prévu comme intense et ça l’a été.

Le soir je suis un peu dans cette sensation d’irritation et fatigué. Je finis par répondre à un client à cause d’une incompréhension verbale. J’ai exprimé un propos mais pas sur la bonne forme du coup il s’est mis sur la défensive, puis moi à mon tour (piège classique). La manageuse était juste derrière. A la fin du service, je demande à dépointer. Elle me l’accorde mais m’avertit de façon directe que si je réponds à un client la prochaine fois, elle met fin à ma période d’essaie (le client en question mangeait à la table qui était juste derrière elle). Je lui ai simplement répondu que la prochaine fois que j’ai un problème avec un client, je le laisse voir avec elle. Je reprenais mon intelligence, même si ma fierté était au plus bas et mon moral avec.

Je me suis isolé dans un local pendant 10 minutes pour me ressaisir de ce qui n’allait pas. Je ressentais un mal profond. Pourquoi ceci m’affectait autant ? Je me sentais comme pourri de l’intérieur. Et la fatigue n’a pas arrangé les choses. Cette tendance à se focaliser autant sur un événement pareil jusqu’à en faire une obsession n’est pas commune à tous les individus, il faut en être conscient.

Je sais désormais que lorsque des émotions lourdes comme celles-ci m’assaillent, je ne dois plus faire comme si de rien était. Et que ce sois-disant “passer à autre chose” ne marche pas dans cette situation. Je dois reconnaître qu’elles m’affectent, et lourdement si c’est le cas. Ainsi prendre le temps pour écouter ce que disent mes pensées, et même ce que me dit mon corps… On oublie trop souvent de prendre un instant pour s’écouter et s’exprimer sur ce qui ne va pas. Et ceci nous revient tôt ou tard à la figure, soit subitement par un acte (mauvais rapports avec les collègues ou la démission) soit par somatisation (maladies, blocages de dos…).

Dans cette situation, mon être à été touché. Le fait « d’être mauvais ». Ce n’était pas des pensées au premier abord, c’était des sensations désagréables que j’ai du mettre en mots qui ont donné : “Ce n’est pas étonnant qu’on te rejette de tes contrats, tu ne sais rien faire, tu es mauvais (et d’ailleurs c’est pour ça qu’on t’a abandonné ?) Rien d’étonnant.” Propos provocateurs de ma blessure d’adoption, associés avec un soupçon (et je dis bien « un soupçon » car ce n’est pas ce qui prédominait) de choses que ma mère m’avait dit maladroitement, dans mon enfance, surement frustrée de ne pas comprendre mon attitude apathique aux devoirs. Comme quoi je ne garde que la partie émotionnelle.

ATTENTION : J’ai pardonné à ma mère (adoptive). Je vous avouerai que j’ai peur qu’elle lise ces lignes, et la sachant très émotives, je prends des précautions pour qu’elle ne soit pas bouleversée.

Nous avons quasiment tous (hélas) en tête des propos maladroits de nos parents, adoptés ou non, qui nous ont affecté. Et nous en ferons peut-être à nos enfants sans nous en rendre compte. Je le répète, sous le coup des émotions, nous disons parfois des choses qui nous échappent. Comme le fait de ne pas comprendre, ou même de ne pas connaître, ce qui dirige les émotions de notre enfant.

J’ai donc pris mon repas et suis parti en salle de pause (oui on a les repas offerts quand on travaille au Mac Do).

 

Me décoincer :

 

Je rentre en salle de pause et quelques collègues y étaient déjà, discutant dans un esprit bon enfant. Je me laissais alors bercer par cette atmosphère agréable comme si j’écoutais la radio en fond de mon repas (en beaucoup plus détendu). Je me suis dit que ce serait bien de partager ce qui n’a pas été, comme tous les collègues le font en général. Car il est vrai que j’ai toujours tout garder pour moi, laissant les autres s’exprimer.

M’exprimer sur quelque chose qui n’avait pas été revenait à « se confier » pour moi, comme si c’était personnel. J’ai pris un air pensif je suppose. A ce moment là, une des collègues me demande si ça va. J’ai donc répondu honnêtement. Ils se sont intéressés à ma situation et je devais alors appréhender cette attention d’une manière différente de ce que j’avais fait jusqu’à maintenant. Pas comme une intrusion, mais comme une curiosité simple. J’ai donc parlé. Et mes collègues ont largement tourné ma mésaventure en dérision ! Ils m’ont rassuré sur le fait qu’eux aussi avaient eu des problèmes du même genre, que ça arrivait… En gros : je n’ai pas dit au client « d’aller n***** sa mère ». 🙂 Et qu’au niveau menace, il y en avait eu pour des situations pires…

J’ai alors confirmé ce que je me disais : J’ai tellement bien fait de communiquer ! C’est une voie qui apporte sans conteste des résultats bénéfiques. Aussitôt appliqué, aussitôt prouvé. Et ce, depuis le début de mon contrat.

 

Aujourd’hui :

J’ai eu deux services depuis. Et je vais déjà mieux !

-Le premier : J’étais encore aux boissons, je ne gérais pas. Ça a « merdé » à la moitié du rush (encore prévu intense). Une des manageuses est venue me parler, j’avais clairement avoué pourquoi je gérais ma tâche comme je le faisais. Elle m’a expliqué, d’une façon calme et directe, pourquoi ça ne marchait pas si je continuais à la faire ainsi. J’ai exprimé ma crainte de ne pas gérer si je le faisais comme ça devait être fait. A ce moment là elle m’a simplement dit (toujours de façon calme et directe) : « Si les autres sont capables de le faire pourquoi pas toi ? » Cette phrase était d’un bon sens tellement attendu à ce moment là tombait à pique pour moi. A ce moment là, mon état d’esprit faisait que j’étais près à accueillir un tel propos. Et je ne sais pas si c’est ma formation en Programmation Neuro-Linguistique qui est en train de rentrer mais je me suis dit alors une phrase : « Je peux parfaitement gérer ce rush, à ce poste, désormais ». Et vous savez quoi ? Tout s’est bien passé pour la suite.

Je me suis alors senti rempli d’une satisfaction nouvelle (et pourtant familière). Celle dont j’avais besoin. Celle qui confirmait les précédentes : le dépassement de soi.

Je suis reconnaissant envers cette manageuse qui est arrivé au bon moment avec la bonne attitude et le bon propos, surement sans le faire exprès. Je me dis que ce serait intéressant de savoir quand notre esprit est assez ouvert pour accueillir le bon sens, que nous avons du mal à mettre en pratique en temps normal (mh… je ferai un article là-dessus).

-Le deuxième : Le rush du soir a été beaucoup plus calme, pas trop plaisant non plus mais pas au point d’être harassant… Il n’était pas vraiment différents des autres. Donc « classique ».

Puis j’ai pu discuter plus facilement en salle de pause avec mes collègues. Chose que je renouvellerai un peu plus désormais.

 

Conclusion :

 

Les croyances désagréables provoquent les émotions désagréables. Celles qui nous font perdre notre énergie, celles qui nous font agir de manière peu objective et précipitée…

Dans le cas des adoptés qui sont touchés par la blessure primitive, les croyances ne sont pas conscientes mais traduites par les émotions du traumatisme, de la séparation.

Il faut avoir conscientisé ce processus pour avoir un contrôle dessus. Ce constat n’est pas que personnel : il est visible dans tous les courants psychologiques orientés vers l’action.

Ce que j’ai appris :
  • Parler nous rend plus humain… Le ressenti quand il est centré sur nous et non sur l’accusation de l’autre ou d’une situation extérieure, est la manière la plus intelligente d’interagir avec le monde. C’est d’ailleurs ce qu’on fait en Communication Non Violente (j’en parlerai dans un article).
  • Sortir un peu de sa carapace et de se dire qu’on est un humain comme les autres, avec des forces et des faiblesses qu’on partage avec d’autres. Je lâche du leste désormais. Mon ego ne m’empêchera plus de « me confier », car je ne suis pas « mieux » qu’un autre. Je suis juste moi face à moi-même. La comparaison à autrui est un outil largement dépassé… Et je me sens beaucoup mieux sans.

Faites-en autant. C’est tout ce que je vous souhaite !

 

Exprimez-vous dans les commentaires ! Avez-vous déjà connu ce genre de situation ? Qu’en avez-vous appris ?

 

2 commentaires

  1. bonsoir j aime beaucoup ce que vous ecrivez je pense que cela apportera une aide precieuse a certaines personnes

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