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4 erreurs que nous faisons avec nos parents adoptifs

parents adoptifs
Photo par Gilles Péris y Saborit

Les parents adoptifs, même si nous les aimons, posent problème dans le rapport que nous avons avec eux. Cet article explique les 4 erreurs les plus fréquemment faites avec eux.

4 erreurs que nous faisons avec nos parents adoptifs

1) Ne pas être vraiment soi-même :

 

Depuis tout petit, un adopté se comporte de façon à éviter à nouveau son traumatisme d’origine : l’abandon, le rejet.

Il n’est donc pas étonnant qu’on arrive à se dire que nous ne sommes pas vraiment nous-même face à nos propres parents. Sans s’en rendre compte, ce comportement d’évitement devient une habitude au fil des années. Certains adoptés vont même faire le métier que leurs parents préfèrent au lieu de penser à eux.

  • Plusieurs témoignages cliniques montrent qu’il y a une peur de décevoir si on se montre tel qu’on est vraiment. Et donc d’être rejeté en tant que personne. C’est une peur compréhensible quand on comprend ce qui a été vécu à l’origine. Cette crainte est donc partagée par de nombreux autres et certains ont réussi à y faire face.

Si vous avez des exemples dans votre entourage, il serait intéressant de les observer afin de s’en inspirer (pas de s’y comparer).

 

2) Mettre un mur entre soi et eux :

 

Ce mur est la résultante de cette peur (vue plus haut). Il s’agit aussi de pouvoir contrôler la relation qu’on a avec eux.

Un adopté n’a eu aucun contrôle sur sa séparation. Il est passé de bras à d’autres sans avoir pu donner son avis et sans qu’on se soucie de ses émotions. Avoir le contrôle est donc important pour éviter de revivre la situation passée (même si ça ne protège pas plus des aléas de la vie). Un coup nous décidons si nous pouvons être proches de nos parents, puis un coup nous nous renfermons.

  • Les parents (comme nos relations affectives) sont les plus dangereux : Ce sont des personnes chères dont on peut être séparés à tout moment. Dans la logique de l’adopté, il faut donc encore plus anticiper le drame afin de ne pas trop en souffrir. Une fois compris ça, on peut alors relativiser d’un point de vue conscient.

Nous savons que nos parents ne nous laisseront pas tomber du jour au lendemain, surtout après tous les efforts qu’ils ont mis pour nous éduquez et nous aimer. Un jour ou l’autre, vous deviendrez grand et vous devrez avoir, comme vos parents l’ont fait avec les leurs, prendre une direction différente.

 

3) Peur qu’ils n’acceptent pas la recherche de vos parents biologiques :

www.sadoptersoi.com
Photo par Clearfrost

J’ai entendu (et lu) certains adoptés se plaindre que leurs parents adoptifs cachaient leurs dossiers d’adoption, ou bien qui se fermaient dés que le sujet était abordé. Concernant mon expérience, les miens ont accepté le fait qu’un jour je voudrai surement revenir vers mes origines. C’est formidable d’avoir ce respect, mais visiblement ce n’est pas le cas pour tous.

Des parents adoptifs peuvent avoir été frustré du rapport “formel” ou “froid” qu’ils ont eu avec nous. Alors voir notre engouement pour retrouver une inconnue qui nous a abandonné (mère biologique), ça peut être ressenti comme une offense injuste faites envers eux.

 

  • Les parents adoptifs sont aussi nos parents. Même si cela peut paraître bizarre d’un point de vue situationnel et bien c’est le cas. Et le point commun de chacun est qu’ils ont fait ce qu’ils ont pu pour notre bonheur.
  • Rares sont les mères biologiques qui ont abandonné parce qu”elles n’avaient pas le temps.” Elles sont en générale jeunes et désorientées à cette période de leur vie. Et la pauvreté, le contexte familial (ex : religion), les services sociaux ne leur donnent pas le sentiment de pouvoir nous donner une vie heureuse. Alors nous nous sommes retrouvés avec d’autres parents.
  • Les parents adoptifs doivent être rassurés. Même si ce n’est pas facile, notre devoir est de bien leur expliquer que nous n’allons pas les abandonner (parce que nous l’avons été) pour notre famille biologique. Car chaque être humain a aussi peur de l’abandon (article sur la blessure d’abandon ici). Leur faire comprendre que ce n’est pas eux le problème, que cette quête ne concerne que vous et qu’ils n’y sont pour rien. Vous avez donc le droit de la mener.

 

4) On se confie plus aux autres qu’à ses parents adoptifs :

 

Se confier à ses parents, c’est laisser une porte ouverte sur ce que nous sommes et ressentons vraiment (article sur le Vrai Moi ici). Alors que nous avons fait le choix de nous comporter plus comme l’idéal qu’ils se faisaient de l’enfant (article sur le faux Moi ici).

C’est parfois frustrant pour les parents adoptifs de voir que leur enfant a plus de facilités à communiquer avec les autres et ne dit que très peu de choses en famille. Ce qui peut donner lieu à des incompréhensions et disputes… Les parents adoptifs sont aussi des êtres humains avec leurs propres questions et agissent en fonction de ce qu’ils vivent avec leur enfant.

  • Si vous avez de bons rapports avec vos parents adoptifs, parlez-leur. C’est une façon de créer du lien entre êtres et une occasion d’en apprendre plus sur vous. Si vous avez de mauvais rapports avec eux, alors devinez leurs craintes, leurs peines antérieures… car ceux qui blessent sont eux-mêmes blessés (y compris vous).

 

Conclusion :

 

Les conseils à retenir dans ces deux derniers points sont :
  • Il y a une empathie à avoir avec nos parents adoptifs. Alors commençons, parlons-leur. On peut y aller pas à pas si on les sent fermés, le but est de leur expliquer ce que vous gagnerez émotionnellement à faire vos recherches. Dans le cas contraire, je sais que trop d’attention d’un coup de leur part peut être vécu comme de l’intrusion ou impliquer un sentiment d’être redevable. Parlez-en alors.
  • Gardez en tête qu’ils ont leurs propres blessures eux aussi. Ils font ce qu’ils pensent être le mieux selon leur expérience de la vie. Eux aussi ont été jeunes, ont vécu des choses qu’ils n’ont pas compris, ont enfoui (ou enfouissent) des événements durs en eux. En avoir conscience permet de ne pas prendre leurs réactions contre soi.

Et enfin : Peu de parents, et de gens, sont formés à ce qu’est la psychologie d’un adopté. A part nous, ici sur ce blog !

 

Exprimez-vous en commentaires ! Avez-vous fait les mêmes erreurs ? Si oui comment les avez-vous surmonté ?
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5 commentaires

    1. Merci Valérie. 😉 En ce moment je prépare des articles qui seront un peu plus consacrés aux parents justement.
      A très vite !

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